La Fédération de Russie choisit le moment de la Semaine Sainte pour réclamer la gestion de la cathédrale orthodoxe de Nice

Alors que les orthodoxes de France et du monde entier fêtent cette année Pâques en même temps que les autres chrétiens, la Fédération de Russie a fait parvenir, par l’intermédiaire d’un cabinet juridique, le mercredi 31 mars, Mercredi Saint, une mise en demeure aux responsables de l’Association cultuelle orthodoxe Saint-Nicolas à Nice, les sommant de leur confier la gestion de la cathédrale Saint-Nicolas à Nice et de leur communiquer les documents relatifs à cette gestion.

Force est de constater que cette période de la Semaine Sainte de la Passion et de la Résurrection du Christ qui constitue le moment le plus important dans la vie liturgique et spirituelle de la communauté ecclésiale orthodoxe en France n’a apparemment guère de sens pour les défenseurs des intérêts de la Fédération de Russie et leur client.

Dans une lettre datée du 10 mars, alors que la Communauté Chrétienne était déjà entrée dans le Grand Carême de Pâques, les conseillers juridiques de la Fédération de Russie avaient fixé au mercredi 31 mars, c’est-à-dire le mercredi de la Semaine Sainte, le délai pour obtenir des responsables de l’ACOR « les informations nécessaires à la gestion civile de l’édifice » de la cathédrale Saint-Nicolas.

Dans sa réponse, adressée le 2 avril, dès réception du nouvel ultimatum de la Fédération de Russie, l’avocat de l’ACOR, maître Antoine Chatain, écrit notamment :

« Ce n’est pas sans un certain étonnement que je reçois votre nouvelle lettre officielle datée du 31 mars alors même que vous n’ignorez pas que nous sommes actuellement en pleine Semaine Sainte à la veille des fêtes pascales. [...] Comme vous le savez, depuis 1923, date de sa constitution, l’Association Cultuelle Orthodoxe Russe de Nice assume la gestion de la Cathédrale Russe de Nice tant sur le plan civil que religieux sans que quiconque n’ait eu à s’en plaindre, bien au contraire, puisque la Cathédrale est considérée comme l’édifice le plus représentatif de la Ville de Nice.

La Fédération de Russie a publiquement annoncé, dès le prononcé du jugement du Tribunal de Grande Instance de Nice, qu’elle n’entendait pas faire application de l’exécution provisoire ordonnée par ledit jugement. L’Association Cultuelle Orthodoxe Russe de Nice continue donc à assumer pleinement la gestion de la cathédrale russe de Nice dans ces circonstances. Et ce, d’autant plus, que l’Association Cultuelle Orthodoxe de Nice a interjeté appel du jugement devant la Cour d’Appel d’Aix en Provence.

Dans un souci de préserver la sérénité de la célébration du culte religieux, il apparaît dès lors préférable que la responsabilité de la gestion de la cathédrale orthodoxe russe de Nice ne soit pas modifiée jusqu’à ce que la Cour d’appel d’Aix en Provence se soit prononcée sur l’appel formé par l’Association Cultuelle Orthodoxe Russe de Nice. [...]

De même, ma cliente ne communiquera aucun élément relatif à son fonctionnement à qui que ce soit. Il existe, tant en France, qu’en Russie un principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat auquel il ne saurait être dérogé. C’est pourquoi il n’est pas question que votre cliente, La Fédération de Russie, vienne s’ingérer dans la vie de la paroisse ».

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