Discours de l’Archevêque Gabriel au Patriarche Bartholomée

Le jeudi 14 avril au matin, Monseigneur l’Archevêque Gabriel a reçu, à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, Sa Sainteté Bartholomée, archevêque de Constantinople et patriarche œcuménique. Ci-dessous le discours d’accueil de Monseigneur Gabriel au Patriarche.

Votre toute Sainteté,

C’est pour nous une grâce merveilleuse que d’avoir la possibilité de vous recevoir dans notre Institut de théologie à l’occasion de votre passage à Paris pour présenter la nouvelle édition de la Traduction œcuménique de la Bible. Nous en sommes vraiment très heureux.

Vous connaissez notre fidélité au Patriarcat œcuménique depuis que Sa Sainteté Photios II a reçu mon prédécesseur de bienheureuse mémoire, le Métropolite Euloge, en 1931, sous l’omophore du Patriarcat oecuménique. Notre lien avec le siège de Constantinople est vital pour notre existence même, vous le savez.

Comme le montrent toutes les déclarations de mes prédécesseurs, depuis l’acte courageux du Métropolite Euloge en 1931, notre appartenance canonique au Patriarcat œcuménique nous garantit la communion avec le monde orthodoxe tout entier et nous pouvons vivre ici, en France, et partout en Europe occidentale, dans une collaboration fructueuse et fraternelle avec toutes les communautés orthodoxes de nos pays.

C’est dans le sein de l’émigration russe que cette école de théologie a été fondée, grâce à la générosité des fidèles et l’aide fraternelle de nos frères chrétiens non-orthodoxes. Permettez-moi d’exprimer notre gratitude pour votre amour paternel et votre aide matérielle en faveur de notre Institut.

Ce centre a servi à la formation théologique du clergé orthodoxe en premier lieu pour les besoins pastoraux de l’Exarchat mais le corps des enseignants a aussi aidé à promouvoir le dialogue œcuménique. Certains entre eux ont été invités au concile Vatican II et leur théologie a très souvent positivement influencé les documents conciliaires.

Votre toute Sainteté,

Aujourd’hui, notre Exarchat est devenu, de fait, multinational. C’est grâce à la tradition ecclésiale orthodoxe russe reçue du Métropolite Euloge et de ses successeurs que nous sommes ce que nous sommes. Nous leur sommes tous redevables et nous sommes tous les dépositaires de l’héritage qu’ils nous ont transmis, c’est-à-dire l’héritage de la tradition russe, qui s’exprime dans la manière de célébrer la Liturgie, de chanter, de peindre des icônes, de vivre le rythme de l’année ecclésiale.... Je vous exprime notre gratitude pour le respect que la Grande Église a toujours manifesté à notre égard. De notre côté, nous nous engageons à continuer notre œuvre pastorale sous l’omophore du Patriarcat œcuménique, qui n’a jamais rien fait pour nous « helléniser » mais qui nous donne la pleine liberté de continuer à suivre notre vocation, de préparer la voie pour l’établissement d’une Église locale, en communion de prière et d’action avec tous les orthodoxes de ce pays.

Avant de finir, je voudrais rappeler quelques mots d’Olivier Clément de bienheureuse mémoire : « Essayons de travailler ensemble, chacun enrichissant les autres de son propre patrimoine, dans le cadre d’une Orthodoxie modeste, ouverte, évangélique et convaincu que la Tradition pour être vivante, doit être créatrice ». Je voudrais rappeler également ce qu’a dit saint Jean de Cronstadt : « L’eucharistie est un miracle continuel ». Nous pouvons dire la même chose de l’Eglise : « Elle aussi est un miracle continuel ! ». Avec émerveillement devant ce que Dieu nous offre, et avec reconnaissance, ouvrons les yeux de notre cœur devant ce miracle qu’est l’Eglise, antique et vénérable et en même temps toujours jeune, toujours la même et en même temps toujours neuve.

Votre toute Sainteté,

Je prie pour le Dieu vous garde encore de nombreuses années pour le bien être de sa sainte Eglise. Eis polla èti, Despota.

+ Gabriel, archevкque de Comane

Exarque du Patriarche Œcuménique

Paris, Institut Saint-Serge

14 avril 2011

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