Colloque international L’héritage du Père Jean Meyendorff, érudit et homme d’église (1926-1992), à l’Institut Saint-Serge, 9-11 février 2012

Du 9 au 11 février 2012 l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge de Paris organise un colloque international pour honorer le 20e anniversaire du décès du Protopresbytre Jean Meyendorff, l’un des théologiens orthodoxes les plus renommés du siècle dernier.

Né le 17 février 1926 à Neuilly-sur-Seine, près de Paris, dans une famille appartenant à l’aristocratie balte, le baron Ioan Théophilevich a passé son enfance et ses années d’adulte dans le milieu des émigrés russes à Paris. Ayant accompli son éducation secondaire, le jeune Meyendorff s’était inscrit en 1944 à l’Institut Saint-Serge. Ce dernier était à l’époque le foyer du renouveau de la théologie orthodoxe, comptant parmi ses professeurs les intellectuels les plus grands de la Russie qui avaient été forcés d’émigrer ou étaient simplement expulsés de leur patrie, tels les PP. Serge Boulgakov, Georges Florovsky, Cyprien Kern, Nicolas Afanassieff, le professeur Antoine Kartachov... Parmi ses condisciples à l’Institut se trouvait le futur Père Alexandre Schmemann, avec lequel il s’était lié d’amitié déjà depuis son enfance. Pendant cette période Jean Meyendorff commençait déjà à suivre des cours à la Sorbonne, et il enseigna à Saint-Serge des cours d’histoire de l’Église et de grec ancien après avoir terminé ses études à l’Institut. Il a couronné ses études par une thèse de doctorat d’État à la Sorbonne sur le théologien byzantin Grégoire Palamas en 1958. L’année suivante il était ordonné prêtre et il partit avec sa famille pour les États-Unis, ayant été invité par le P. Alexandre Schmemann qui enseignait au Séminaire Saint-Vladimir à New York depuis 1951. C’est là qu’il a continué ses activités académiques et ecclésiales jusqu’à la fin de sa vie. Il enseigna la Patrologie et l’Histoire de l’Église à Saint-Vladimir et l’Histoire byzantine à l’Université Fordham à New York.

Avec sa thèse sur Palamas, publiée en 1959, et dont la version française est épuisée depuis longtemps, le P. Jean s’est acquis une réputation notable non seulement dans le milieu orthodoxe, mais aussi dans le monde académique. Ce livre qui porte le titre modeste Introduction à l’étude de Grégoire Palamas reste jusqu’à aujourd’hui un livre classique dont aucun étudiant de la théologie byzantine ne peut se passer. Le P. Jean a contribué à la redécouverte de ce grand et important théologien byzantin du 14e siècle, déjà commencée par les œuvres des PP. Dumitru Staniloae, Basile Krivochéine (plus tard Archevêque), Cyprien Kern et de Vladimir Lossky. Le P. Jean est généralement reconnu comme un des représentants principaux de ce courant dans la théologie orthodoxe connu sous le nom de « synthèse néo-patristique » (le terme est du P. Georges Florovsky), le « néo » indiquant qu’il ne s’agit pas d’un simple retour à l’étude des Pères de l’Eglise ou d’une « théologie de la répétition », mais d’une redécouverte créative de la Tradition vivante de l’Église. Les œuvres théologiques du P. Jean Meyendorff sont profondément marquées par une approche historique qui a marqué de son empreinte la théologie orthodoxe du XXe siècle. En ceci il se montre le disciple par excellence du P. Georges Florovsky. Celui-ci n’a pas été son professeur de patrologie à Saint-Serge (à cette époque les cours de patrologie furent enseignés par le Père Cyprien Kern), mais le Père Jean a connu le Père Georges personnellement et il montrait toujours une grande appréciation pour ses œuvres théologiques et historiques.

Les activités du P. Jean Meyendorff ne sont pas limitées au monde académique et aux études théologiques et historiques. Il était engagé dans la vie de l’Eglise et c’est pourquoi il s’est gagné un grand respect dans le monde ecclésial, aussi bien orthodoxe qu’œcuménique. Il a été co-fondateur et président de « Syndesmos », la Fédération mondiale des Mouvements de Jeunesse orthodoxe ; il était membre de « Foi et Constitution » et il a présidé cette section du Conseil Œcuménique des Eglises pendant presque dix ans, de 1967 à 1976. Aux États Unis il a contribué, avec son collègue et son ami P. Alexandre Schmemann, à la fondation de l’autocéphalie de la « Métropole russe » en 1970, qui depuis porte le nom « Orthodox Church in America » (OCA).

Au colloque de février 2012 l’Institut Saint-Serge va honorer la mémoire de son ancien étudiant et enseignant, en organisant des communications et une Table ronde touchant aux domaines variés où il a travaillé : la théologie dans tous ses aspects, l’histoire de l’Eglise (Byzance et le monde slave) et l’Eglise dans le monde d’aujourd’hui.

Parmi ses œuvres les plus importantes il faut mentionner : Le Christ dans la théologie byzantine (Paris, Cerf, 2010²), Initiation à la théologie byzantine (Paris, Cerf, 2010²), Unité de l’Empire et divisions des Chrétiens (Paris, Cerf, 1993), Byzantium and the Rise of Russia (Cambridge University Press, 1981).

Programme détaillé
Bulletin d’inscription

Source : saint-serge.net

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