Visite à la cathédrale et homélie de S.E le Métropolite Emmanuel, Locum Tenens, pour la Fête de la Théophanie

(JPEG)
Mgr Emmanuel

Son Éminence le Métropolite Emmanuel de France, Locum tenens du trône archiépiscopal s’est rendu samedi 19 janvier 2013 à la cathédrale Saint Alexandre Nevsky où il a assisté à la Divine Liturgie, à l’issue de laquelle il a prononcé l’homélie dont le texte est reproduit ci-après :

HOMÉLIE DU MÉTROPOLITE EMMANUEL DE FRANCE Théophanie (ancien calendrier)

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit,

Lorsque nous chantons après le Saint Apôtre Paul que nous avons revêtu le Christ par le saint Baptême, nous récapitulons l’œuvre salvifique du Christ. Nous avons revêtu le Christ. Nous nous couvrons de sa grâce spirituelle, lui le Logos incarné venu dans le monde pour sauver l’humanité. L’événement de la Théophanie marque une étape particulière dans l’histoire du salut. Il s’agit non seulement de l’institution du sacrement du baptême que nous reproduisons jusqu’à aujourd’hui, mais aussi du début de l’engagement public du Christ dans le monde.

Le baptême comme vous le savez a une double signification. Il s’agit à la fois d’une confession de foi rendue à la Sainte Trinité. D’ailleurs, l’événement décrit dans l’Ecriture Sainte rend compte de cette dimension trinitaire : la voix du Père se fait entendre, l’Esprit se manifeste sous forme de colombe et le Fils de recevoir le témoignage de sa divinité. Il est appelé « bienveillance ». La bienveillance du Père prend ainsi chaire. Cette bienveillance représente toute l’histoire de l’Ancien Testament qui se trouve réalisée dans le Christ lui-même. Ce dernier est porteur d’une promesse incroyable, offrant à l’humanité l’assurance d’une vie nouvelle dans laquelle nous sommes introduits par le sacrement du baptême. Si le sens premier de "sacrement" tend à signifier le "mystère", il renvoie au mystère de l’incarnation. Dès lors, toute action sacramentelle devient elle-même porteuse du mystère de l’œuvre du Christ en nous y intégrant, en nous y rendant participants.

Si le point de départ de la mission du Christ débute au moment de son baptême dans les eaux du Jourdain, des mains de Saint Jean Baptiste, le baptême est pour nous le début d’une vie nouvelle. Saint Sophrone de Jérusalem a des paroles d’une grande force à ce sujet : « Etant ainsi purifiés [par les eaux du baptême] comme il faut par la purification de l’Esprit, ayant rejeté toute souillure par le contact mystique du courant d’eau et par la chaleur de l’Esprit qui pénètre l’eau, purs en toute pureté, célébrons le pur baptême du Christ ». Cependant, que peut bien signifier la vie nouvelle du baptême lorsque nous avons été baptisés dans notre jeune âge, bébés, enfants, adolescents ? La vie nouvelle ne doit pas être uniquement comprise dans un sens purement temporel, nous dédouanant de l’effort nécessaire au témoignage de cette vie en Christ. La vie nouvelle reçue par le baptême est un commencement de tous les instants qui s’enrichit par la conversion quotidienne de nos cœurs accueillie par la bienveillance miséricordieuse de la Sainte Trinité. Permettez-moi de nouveau de citer ces mots de Saint Sophrone de Jérusalem : « Si maintenant vous vous laissez convaincre - et vous devez vous laissez convaincre - par mes supplications, par mes conseils paternels et affectueux, ô mes frères, et si vous écoutez mes paroles, alors par notre repentir nous ferions disparaître ce fléau [il entend par là l’invasion de Jérusalem par les Arabes] et nous nous convertirions au Christ de toute notre âme ».

Chers Frères et Sœurs en Christ,

J’ai aujourd’hui l’insigne honneur de me tenir devant vous à cause des changements que votre Eglise va connaître. Vous vous préparez actuellement à ouvrir une nouvelle page de votre histoire. Ces changements ne sont jamais sans une certaine inquiétude face au futur. Ma présence et ma fonction jusqu’au jour de l’élection d’un nouveau pasteur consistent avant tout à rassurer, à encourager. La vie de l’Eglise est faite de ces moments de transition qui témoignent de la poursuite de l’œuvre du Christ dans l’histoire. Je suis à vos côtés et je demeure avec vous afin de soutenir le processus d’élection de la personne que vous choisirez comme nouveau pasteur. En outre, je tiens à vous assurer que l’Exarchat possède une place tout à fait particulière au sein du Patriarcat Œcuménique et de l’Orthodoxie. Soyez en conscients et fiers. Vous êtes les dépositaires d’un héritage spirituel qu’il faut continuer de faire fructifier, comme dans la parabole des talents.

Je vous souhaite une lumineuse fête de la Théophanie à chacune et à chacun d’entre vous.

Que Dieu vous bénisse.

Paris, le 19 janvier 2013

Retour haut de page
SPIP