Message du Recteur à la Séance solennelle de l’Institut Saint-Serge

Révérend Père Nicolas Cernokrak, Doyen de l’Institut,

Révérends Pères,

Chers membres du corps enseignant et administratif,

Chers étudiants,

Mesdames et Messieurs,

Comme il est de coutume, l’archevêque, qui est aussi le recteur de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, est toujours présent à toutes les cérémonies officielles de notre Institut. Malheureusement, aujourd’hui, il ne m’est pas possible d’être présent à la séance solennelle étant chargé par l’Église Mère de participer à l’ordination de l’évêque auxiliaire de la métropole grec-orthodoxe de France, Mgr Irénée de Réghion. Pour cette raison, j’ai confié la tâche de me représenter parmi vous et de vous saluer de ma part au Révérend Père Nicolas Ozoline, professeur de l’Institut.

La séance solennelle prévoit de présenter la vie de l’Institut, ses réussites dans les domaines académiques et ecclésiastiques. Tout cela, j’espère, sera présenter par le Révérend Père Nicolas Cernokrak, doyen de l’Institut.

De ma part, je souhaite vous informer que la semaine dernière, je fus attristé par la décision du Conseil d’administration de l’Institut. Comme vous le savez, afin d’améliorer la vie académique et la situation financière de notre Institut, le Saint Synode du Patriarcat Œcuménique, dans la juridiction duquel nous sommes placés, a créé un comité ad hoc d’évaluation de l’Institut concernant les domaines académique et administratif.

Ce comité, qui s’est réuni pour la quatrième fois le 3 février 2015, devait recevoir le Père Nicolas Cernokrak, doyen de notre Institut, pour présenter son rapport. Alors que les membres du comité étaient rassemblés pour le recevoir, le père doyen ne s’est pas présenté. Toutefois une lettre signée par un avocat civil fut remise à Son Eminence le Métropolite Emmanuel de France, président du dit comité par le cabinet d’avocat. Cette lettre stipule que les membres du conseil d’administration de l’Institut refusent de se soumettre aux exigences du comité nommé par le Saint Synode de l’Église Mère. L’avocat chargé par l’Institut de la mission de formuler ce refus affirme que l’Institut est une entité entièrement indépendante sur le plan juridique et administratif et que le Saint Synode n’a aucun droit d’exiger quelque contrôle que ce soit sur l’Institut.

Ces propos sont bien évidemment infondés sur le plan juridique ainsi que sur le plan canonique. Toutefois, ce dernier échappe bien évidemment de la compétence de l’avocat civil, mais doit être bien connu par les membres du conseil d’administration de l’Institut de théologique orthodoxe, dont certains détiennent une formation théologique. Du point de vue juridique, l’Institut fut fondé par notre Église et en constitue une partie intégrante, d’autant plus que les locaux qui hébergent l’Institut sont la propriété de l’archevêché, qui est rattachée canoniquement au Patriarcat Œcuménique. Sur le plan canonique, il convient de se rappeler de quelques règles simples. L’enseignement théologique et chrétien émane du ministère épiscopal et pour cette raison est soumis au contrôle de l’évêque. L’évêque à son tour est soumis au contrôle du Saint Synode et de son Patriarche. La théologie hors l’Eglise n’a pas de sens. D’ailleurs, dans toutes les confessions chrétiennes, il n’existe quasiment pas d’établissements de formation théologique "indépendants", puisque tous sont sous le contrôle et l’autorité de l’Eglise. En outre, il faut se rappeler aussi que dans un diocèse, toutes les institutions ecclésiastiques sont placées sous le contrôle de l’évêque, non seulement sur le plan spirituel, mais aussi sur le plan administratif et économique. Vu l’importance du rôle et de la mission de notre Institut dans le monde orthodoxe, le Patriarche et le Synode ont voulu nous aider à résoudre les nombreux problèmes que nous avons rencontrés jusqu’à maintenant.

En refusant de répondre aux demandes du comité ad hoc nommé par le Saint Synode de l’Église Mère, les membres du Conseil d’administration de l’Institut s’opposent non seulement à mon autorité personnelle en tant que Recteur de l’Institut et archevêque dirigeant, mais aussi au Saint Synode et au Patriarche œcuménique, et de ce fait, se placent en dehors de l’Église. En outre, il faut se rappeler que les canons interdisent de porter les affaires ecclésiastiques devant les autorités civiles. Or, la lettre reçue par le comité a été composée par un avocat civil et ne se réfère aucunement à la tradition canonique de l’Église. Ainsi, le conseil d’administration refuse ouvertement tout dialogue avec le comité ad hoc et a pris la décision de rompre ses liens avec l’Église.

Cette opposition est un événement regrettable pour notre Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, pour notre Archevêché-Exarchat du Patriarcat Œcuménique et pour l’ensemble de la communauté orthodoxe en France.

En espérant que les personnes responsables se rendront compte que leurs agissements vont à l’encontre des intérêts de l’Institut de théologie orthodoxe, de ses enseignants et de ses étudiants, je vous transmets ma bénédiction.

+ Archevêque Job de Telmessos, Exarque du Patriarche œcuménique

Retour haut de page
SPIP