Communique des Eveques Orthodoxes de France

Au sujet de la remise en débat d’un ancien projet de loi visant à étendre l’obligation de neutralité aux structures privées accueillant des mineurs (le "Projet Laborde")

Dans le contexte trouble qui est le nôtre actuellement, la remise en débat ce jeudi 12 mars à l’Assemblée Nationale, du Projet Laborde, ne peut que susciter inquiétudes et interrogations.

Tout en réaffirmant leur attachement au principe fondateur de laïcité, socle républicain du vivre ensemble, les évêques orthodoxes de France s’inquiètent des risques actuels de son dévoiement par un glissement progressif d’une "laïcité de confiance" qui apaise et comprend, vers une "laïcité de peur" qui stigmatise et exacerbe les tensions au lieu de les réduire.

En cherchant depuis quelques années à étendre l’obligation de neutralité -à l’origine applicable à l’Etat et aux agents des services publics-, aux "usagers" de ces services mais aussi, maintenant, à de larges sphères de la vie privée, cette nouvelle forme agressive de laïcité cherche à enrayer de la sphère publique toute forme d’expression religieuse. La stigmatisation systématique des religions qui en résulte, en jetant sur elles, un regard de suspicion et de méfiance, n’est pas sans risque sur le contrat social en France.

Il ne faut pas se tromper de débat. Ce n’est pas la présence du symbole religieux dans l’espace public qui cause problème mais plutôt son "instrumentalisation" à des fins autres que spirituelles. Il s’agit là davantage d’une question de maintien de l’ordre public qu’un problème de laïcité, concept essentiel pour le vivre ensemble mais qui est de plus en plus malmené au gré des conjonctures. N’opposons pas "croyance" et "connaissance". La conscience humaine citoyenne a besoin des deux. Tous les deux doivent avoir "droit de Cité" dans nos démocraties modernes, dans le respect de l’ordre public !

Paris le 11 mars 2015

Retour haut de page
SPIP