10e anniversaire de la mort du Frère Roger de Taizé

(JPEG)Le dimanche 16 août 2015, Son Excellence l’évêque Jean de Charioupolis s’est rendu à la communauté de Taizé à titre de représentant de Sa Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomée, pour participer aux célébrations en lien avec le centenaire de naissance et du dixième anniversaire de la mort du Frère Roger.

A cette occasion il a lu le message de Sa Sainteté le Patriarche œcuménique Bartholomée :

2015 est une année jubilaire pour votre communauté et nous souhaitons vous féliciter à cette occasion. Au croisement du centenaire de la naissance du Frère Roger et du dixième anniversaire de son décès, cet intervalle spirituel est aussi marqué par les soixante-quinze ans de votre communauté.

La convergence de ces trois événements marque parfaitement l’indissoluble destinée entre la figure charismatique de votre fondateur, le Frère Roger, et le courage spirituel qu’il a démontré en rendant tangible sa vocation œcuménique. Il ne s’agit pas uniquement d’avoir une vision, encore faut-il être capable de lui donner un corps et une âme. Ainsi, inspiré par la force de l’impérieuse nécessité de l’unité des chrétiens, Frère Roger a non seulement travaillé la matière extérieure d’une communauté •authentiquement multiconfessionnelle, mais il a aussi été le promoteur d’un œcuménisme spirituel qui se caractérise par une attention particulière portée aux jeunes.

L’unité des chrétiens est une évidence à laquelle nous sommes attachés par un engagement irréversible. Or, lorsque le temps passe, que les décennies se suivent, que l’enthousiasme du commencement s’essouffle, il est nécessaire de s’interroger sur les raisons de l’unité. Outre l’injonction du Christ dans l’Évangile selon saint Jean, « Soyez un ! » (Jn 17, 21), déterminant à elle seule notre recherche du rétablissement du lien de communion, il est indispensable de comprendre l’actualité sans cesse renouvelée de ce commandement. Certes, les conditions historiques évoluent. En revanche, notre indéfectible attachement au rapprochement des chrétiens, à l’unité de nos Églises tient à l’émergence d’un kairos œcuménique, par lequel la catholicité ecclésiale se manifesterait.

Le Frère Roger vous a laissé comme testament spirituel l’espérance. Or, le regard de cette dernière est toujours porte vers l’avenir, c est-à-dire qu’elle s’enracine dans les générations les plus jeunes. Nous tenons à saluer l’importante mission de la Communauté de Taizé à l’égard de cet œcuménisme de la vie qui trouve sa source dans un esprit de fraternel échange, dans la fidélité à l’Écriture sainte et aux Pères de l’Église.

Nous terminerons ce modeste message en vous rappelant ces mots du théologien orthodoxe Olivier Clément : « La ’confiance’ est un mot clé à Taizé. Les rencontres animées par la communauté, en Europe et sur d’autres continents, font partie d’un pèlerinage de confiance sur la terre. Le mot ’confiance’ est peut-être l"un des mots les plus humbles, les plus quotidiens et les plus simples qui soient, mais en même temps l’un des plus essentiels. »

Aussi, est-ce dans cet esprit de « confiance » dans le Seigneur, que nous vous félicitons une nouvelle fois à l’occasion de cette année jubilaire pour votre communauté et nous prions le Christ notre Dieu pour qu’il fasse croître dans l’espérance votre essentielle mission au service de l’unité des chrétiens.

Le frère Roger Schutz, né le 12 mai 1915 à Provence (Vaud, Suisse) et mort assassiné le 16 août 2005 à Taizé (Saône-et-Loire, France) est un religieux suisse protestant et fondateur dans les années 1940 de la communauté monastique de Taizé, un petit village de Bourgogne, ayant comme but la quête de l’unité chrétienne. Il affectionnait particulièrement l’Eglise orthodoxe et fut en lien étroit avec le Métropolite Damaskinos d’Adrianople et avec le théologien Olivier Clément de bienheureuse mémoire.

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