Droit de réponse de Mgr Job de Telmessos

Le 12 novembre, sous la signature de Monsieur Gauthier Vailland, La Croix.com a publié un article intitulé « L’archevêché russe-orthodoxe en Europe occidentale a tenu une assemblée pastorale tendue », dans la rubrique Urbi et Orbi.

Conformément aux dispositions de la loi sur la presse, je vous demande de publier mon droit de réponse à cet article, dans les mêmes conditions que l’article en cause.

En effet, cet article comporte un certain nombre d’erreurs, d’imprécisions et d’assertions que je souhaite corriger au profit de vos lecteurs.

Ainsi, l’article :

- Cite « plusieurs témoignages » selon lesquels j’aurais démis de leurs fonctions et sanctionné plusieurs prêtres sans l’avis de son conseil, c’est-à-dire celui de l’archevêché.

L’archevêché compte 180 clercs. Depuis mon élection et ma prise de fonctions (novembre 2013), j’ai sanctionné deux clercs. Le premier pour avoir, contrairement au statut de l’archevêché, décidé de son propre chef, son rattachement et celui de sa paroisse à un autre patriarcat. Le second, à la demande de Sa Sainteté le Patriarche oeucuménique, pour s’être opposé au métropolite de Belgique, représentant officiel de l’Eglise orthodoxe en Belgique, devant le Conseil d’État.

Pour ces sanctions, comme pour les décisions de réaffectations de clercs que j’ai prises, notamment à Nice, à Paris et en Scandinavie, les statuts de l’archevêché confient la seule responsabilité des décisions à l’archevêque. En aucune sorte, le conseil de l’archevêché n’est supposé exprimer son avis à cet égard, qu’il soit consultatif ou conforme.

- Evoque ma « brouille » avec le conseil de l’archevêché

Réuni régulièrement tous les deux mois entre mon élection et la fin de 2014, ce conseil n’a plus siégé depuis lors. Conformément aux statuts, sa convocation relève de ma responsabilité, sur un ordre du jour préparé par le secrétaire du conseil et validé par mes soins.

Si je ne l’ai pas fait depuis décembre 2014, c’est par ce que je suis confronté à une opposition de plusieurs membres laïcs de ce conseil. Opposés d’emblée à mon élection, multipliant des prises de position publiques, oubliant les statuts qui s’appliquent pourtant à tous, ces personnes ne permettent pas au conseil d’exercer ses responsabilités au profit de l’intérêt général. Mi-avril 2015, j’ai adressé à deux de ces laïcs un courrier qui est resté lettre morte. Le pasteur que je suis souffre de cette situation qui, in fine, ne peut que nuire à notre archevêché, à ses fidèles et à la foi en Dieu qui devrait être l’alpha et l’omega de notre action collective.

- Me reproche de ne pas signer les diplômes des étudiants de l’institut théologique Saint-Serge

Je ne signe pas ces diplômes pour la simple et bonne raison que la loi - loi 2013-660 du 22 juillet 2013, article 71, modifiant l’article L 731-14 - ne me permet pas de le faire, à défaut de payer une amende de plusieurs dizaines de milliers d’euros.

- Evoque une manifestation de laïcs en soutien de clercs

Si je me réjouis que 30 fidèles aient consacré leur 11 novembre à venir, parfois de loin, exprimer leur foi à la cathédrale, je m’interroge sur certaines de leurs méthodes, comme vouloir transformer ses jardins en champ de calicots. Revendiquer ses droits à satiété, sans oublier de photographier et d’ « ipader » le moindre de ses gestes me parait ignorer l’indispensable harmonie entre liberté et responsabilité. Surtout quand votre interlocutrice anonyme oublie de vous indiquer comment, avec ceux qui partagent son « courageux » combat, ces fidèles agressent sur internet, depuis des semaines, leur archevêque, dans sa personne et sa fonction.

- Me reproche d’avoir obligé un clerc membre de l’assemblée à se prosterner

A l’issue des travaux de la matinée, vers 13h30, j’ai invité tous les présents à rejoindre les lieux de déjeuner, en rappelant le programme de l’après-midi, prévoyant notamment une longue séance d’échanges. Un des clercs s’est alors levé et sans demander la parole, a annoncé vouloir immédiatement entamer ces échanges.

En tant que président de l’assemblée pastorale, je lui ai demandé de respecter le programme défini et ses horaires. En tant qu’archevêque, je l’ai rappelé à son devoir de respect hiérarchique, en lui demandant de manifester explicitement ce respect par une inclinaison, ce que l’intéressé a fait sans délai. Selon un interlocuteur anonyme, ce prêtre aurait obéi par crainte de « graves sanctions ». Je laisse à chacun d’apprécier la qualité de ces témoignages anonymes, surtout quand ils concernent la psychologie d’une tierce-personne.

+ Archevêque Job de Telmessos, Exarque du Patriarche œcuménique

Voici le lien

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