Visite de l’archevêque Léon de Carélie

Messeigneur Gabriel, Léon et Athénagoras (JPEG) Son Éminence l’archevêque Léon de Carélie, primat de l’Église orthodoxe de Finlande, a effectué, du 10 au 14 février dernier, une visite en France, à l’invitation de Son Éminence l’archevêque Gabriel, qui dirige l’archevêché des paroisses de tradition russe en Europe occidentale (patriarcat œcuménique). Cette visite fait suite à celle qu’avait effectuée l’archevêque Gabriel à l’Eglise de Finlande, en août 2004. Au cours de ce séjour, le primat de l’Église de Finlande a célébré dans différentes églises de l’archevêché, à Paris, et il s’est entretenu avec plusieurs membres de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF) ainsi qu’avec les membres du conseil diocésain de l’archevêché. Le 11 février, il s’est également rendu en visite au monastère de Notre-Dame-de-toute-Protection, à Bussy-en-Othe (Yonne), où il a pu vénérer les reliques de saint Alexis d’Ugine, canonisé en janvier 2004, et rencontrer l’higoumène Olga et les sœurs de la communauté.


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Messeigneurs Gabriel, Léon et Athénagoras

Célébration à la Crypte de la Cathédrale de Monseigneur Léon de Carélie, entouré par Monseigneur Gabriel et Monseigneur Athénagoras.

Source : album photo du site orthodoxie.com

Le 12 février, l’archevêque Léon, entouré par l’archevêque Gabriel et l’évêque Athénagoras (Peckstadt), auxiliaire du diocèse du patriarcat œcuménique au Benelux, a présidé la liturgie eucharistique en l’église de l’Institut de théologie Saint-Serge, à Paris, à l’occasion de la fête des trois saints hiérarques (selon le calendrier julien en usage à la paroisse Saint-Serge), jour traditionnel de la fête des écoles de théologie orthodoxes. Le métropolite Emmanuel, évêque du diocèse du patriarcat œcuménique en France et président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF), assistait également à la célébration. Concélébraient avec les évêques cités le protoprebytre Boris Bobrinskoy, l’archimandrite Job, les archiprêtres Nicolas Ozoline, wladimir Yagello et Serge Sollogoub, le hiérodiacre Alexandre. La liturgie, qui était chantée ce jour-là, selon l’usage établi depuis la fondation de l’Institut Saint-Serge, en grec, était célébrée en grec. Dans la soirée, l’archevêque Léon a assisté à la célébration des vigiles (vêpres et matines dominicales), dans la paroisse française de la crypte de la Sainte-Trinité, rue Daru, à Paris.

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Messeigneurs Léon, Gabriel et Athénagoras
Source : album photo du site orthodoxie.com

Le lendemain, dimanche 13 février, l’archevêque Léon a présidé, en concélébration avec l’archevêque Gabriel et l’évêque Athénagoras, la liturgie eucharistique dominicale à la cathédrale Saint-Alexandre-de-la-Néva, rue Daru. Participaient à la célébration, l’archiprêtre mitré Anatole Rakovitch, recteur de la cathédrale, les archiprêtres Eugène Czapiuk et Serge Sollogoub, les diacres André Svynaroff et Cyrille Kisseleff. À l’issue de la liturgie, l’archevêque Gabriel s’est adressé au primat de l’Église de Finlande insistant tout d’abord sur le fait que « ce n’est pas un hasard si nous concélébrons aujourd’hui ici ensemble en ce dimanche où l’Eglise commémore les nouveaux martyrs et confesseurs de la foi en Russie ». « Votre Eglise et notre Exarchat ont reçu la tradition de l’Eglise de russe, c’est pourquoi nous célébrons aujourd’hui ensemble les exploits des martyrs et confesseurs russes ». « Vous avez une mission qui est de faire un pont entre l’Est et l’Ouest, entre l’Europe occidentale et le monde orthodoxe », a-t-il ensuite déclaré, en souhaitant voir ce renforcer les liens de coopération entre l’Archevêché et l’Eglise de Finlande, notamment par le biais d’échanges et de visites de jeunes, d’accueil d’étudiants finlandais à l’Institut Saint-Serge. S’adressant à l’assemblée, Mgr Gabriel a ensuite déclaré : « Mes frères et concélébrants, la leçon de la sainte liturgie que nous venons de célébrer ensemble dans différentes langues, c’est l’unité en Christ qui résidait parmi nous. Il peut y avoir des différences d’opinions au sein de notre diocèse, mais prions tous pour que ces différences d’opinions ne détruisent pas l’unité entre nous. Le message d’aujourd’hui est ’aimons-nous les uns les autres’. C’est un commandement du Seigneur qui doit devenir réalité de notre vie quotidienne. C’est possible ! ».

Répondant aux paroles de bienvenue de l’archevêque Gabriel, le primat de l’Église de Finlande a prononcé un discours en finnois, traduit en russe, par son interprète, M. Jyrki Härkönen, ancien étudiant à l’Institut Saint-Serge. Il a d’abord évoqué les nombreux points communs entre l’Eglise de Finlande et l’archevêché de tradition russe en Europe occidentale, qui sont tous deux liés par l’histoire à la tradition liturgique et spirituelle orthodoxe russe, mais ont trouvé chacun dans la « protection du patriarcat œcuménique » le moyen de se développer harmonieusement. « Hier matin nous avons célébré la liturgie en grec, hier soir en français, aujourd’hui en slavon. Pour nous ce n’est pas quelque chose d’exceptionnel, nous avons l’habitude de célébrer dans différentes langues dans l’Eglise de Finlande, finnois, suédois, slavon », a expliqué l’Archevêque Léon, qui a encore indiqué que, du fait de l’arrivée récente de nouveaux immigrés dans son pays, il y avait même maintenant des communautés où l’on célébrait en anglais. « Pour nous il est important de savoir que l’Eglise orthodoxe de Finlande n’est pas une Eglise nationale, mais une Eglise locale, elle est la maison pour tous les orthodoxes qui vivent dans notre pays », a-t-il dit. Il a ensuite expliqué le sens de la Tradition ecclésiale : « La Tradition orthodoxe, ce n’est pas seulement le passé, mais aussi le présent et l’avenir, comme l’écrit saint Théophane le Reclus ». « Pour nous la tradition russe est honorable, tout comme le sont la tradition grecque ou la tradition française. L’important, c’est la foi qui nous unit. Comme le disait un grand théologien russe du 20e siècle, le père Serge Boulgakov, pour l’orthodoxie, la Tradition n’est pas un tombeau vide, mais l’annonce vivante de la résurrection du Christ », a-t-il souligné.

Appelant les nombreux fidèles présents dans la cathédrale à se recentrer sur l’essentiel, le métropolite Léon a rappelé que « le plus important, c’est la liturgie, l’œuvre commune. Nous venons de vivre ensemble cette liturgie. Mais la liturgie continue ensuite, en fait elle ne cesse jamais. Elle se prolonge dans notre engagement chrétien en dehors de l’église ». « Il faut sortir de l’église et aller vers le monde », a-t-il affirmé, soulignant la vocation missionnaire de chacun des baptisés en Christ. « Nous sommes tous des apôtres, des témoins du Christ, pas seulement ici, dans cette église, mais dans le monde qui nous entour. De la même façon que nous apportons notre service au Christ dans l’église, nous devons apporter notre service les uns aux autres dans le monde », a-t-il poursuivi, avant d’ajouter : « Nous devons témoigner de la tradition orthodoxe devant le monde entier, de sorte que le monde voit que nous sommes unis ».

Dans l’après-midi, le primat de l’Église de Finlande s’est rendu à nouveau à l’Institut Saint-Serge, où un doctorat honoris causa devait lui être remis, au cours de la traditionnelle séance académique annuelle, qui s’est déroulée en présence du métropolite emmanuel, évêque du diocèse du patriarcat œcuménique en France et président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, de l’archevêque Gabriel, du métropolite Joseph, qui est à la tête de la métropole du patriarcat de Roumanie en Europe occidentale et méridionale, de l’évêque Athénagoras (Peckstadt). Plusieurs prêtres de la région parisienne, appartenant à différends diocèses, étaient également présents, ainsi que les professeurs de l’Institut Saint-Serge, les étudiants et de nombreux invités, au total près de quatre-vingt personnes.

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Père Boris et Monseigneur Léon

Séance solennelle 2005 de l’Institut Saint-Serge.

Source : album photo du site orthodoxie.com

Lors de la cérémonie de remise du diplôme de doctorat honoris causa à l’archevêque Léon, le père Boris Bobrinskoy, doyen de l’Institut Saint-Serge, a prononcé le discours de laudatio, rappelant le parcours du récipiendaire et son « œuvre ecclésiale et pastorale depuis plus de trente ans ». Ensuite, l’archevêque Léon a prononcé quelques paroles de remerciement, avant de retracer les grandes lignes de l’histoire de son Eglise et son engagement missionnaire dans la société finlandaise aujourd’hui. « Au sein de l’Eglise, nous parlons beaucoup de l’unité, mais l’unité de l’Eglise ne peut se limiter à des discours au sommet, entre évêques. C’est notre participation à tous, hommes, femmes, enfants, dans la communion du Christ qui nous fait Eglise », a-t-il souligné.

« L’Eglise doit être ouverte au monde contemporain et prête à répondre au défi que ce dernier lance », a-t-il dit, soulignant tout particulièrement l’importance du travail avec la jeunesse qui ne se reconnaît pas dans les problèmes d’institutions, de juridictions, etc. « L’avenir repose sur nos jeunes, il faut donc leur offrir une Eglise ouverte qui est capable d’écouter leurs attentes », a-t-il affirmé, avant de conclure : « La Tradition vivante de l’Eglise s’exprime précisément par la fidélité et par l’esprit d’ouverture ».

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Michel Stavrou
Source : album photo du site orthodoxie.com

À l’issue de cette cérémonie, le métropolite Emmanuel a donné lecture d’un message du patriarche œcuménique Bartholomée Ier, élevant le père Boris Bobrinskoy au rang de « protopresbytre du trône œcuménique ». La séance s’est poursuivie par la lecture du rapport annuel 2003-2004, présenté par le père Boris Bobrinskoy, puis le discours académique a été prononcé par Michel Stavrou, chargé de cours de dogmatique, sur le thème « L’Esprit procède du Père par le Fils. L’actualité de la pneumatologie de Nicéphore Blemmydès ».

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