In memoriam

Vadim Elpidiphorovitch Tichonicky est décédé à la Maison de Retraite Russe de Sainte-Geneviève-des-Bois dans la nuit du 12 au 13 octobre 2019.

Celui qui fut pendant plus de trente-cinq ans marguillier de la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky, est né à Riga (Lettonie) le 24 septembre 1933 dans la famille d’Elpidiphore Mikhaîlovitch Tichonicky et Maria Andreevna, née Gerda-Maria Lange.

Son grand-père paternel, l’archiprêtre Mikhail, assassiné par les agents du Guépéou le 20 septembre 1918 pour avoir lu la proclamation du saint Patriarche Tikhon de Moscou appelant à cesser la guerre civile fut canonisé par l’Eglise Russe en 2003 comme nouveau martyre.

Son père avait été avant 1917 fonctionnaire du Ministère de l’Education de l’Empire russe, ayant un poste équivalent à celui d’inspecteur d’Académie. Emigré à Riga, Il fut élu au Parlement de Lettonie comme représentant de la minorité russe orthodoxe aux côtés du saint martyre Jean (Pommer), évêque de Riga, continuant parallèlement son travail dans le domaine pédagogique. Après la signature du pacte germano-soviétique et l’occupation de la Lettonie par l’armée soviétique, il fut arrêté par le NKVD et déporté au Kazakhstan où il décéda le 21 mai 1942.

Sa mère exerça le métier d’institutrice puis assista son époux. Au cours de sa longue vie (1898-1994) elle dût travailler pour subvenir aux besoins de ses enfants dans des conditions souvent très difficiles et acheva sa vie professionnelle comme surveillante générale de la Maison de Retraite Russe de Cormeilles-en-Parisis.

Il avait une sœur, Marianne, née en 1930 et décédée en mars 2019, qui fut l’épouse de l’archiprêtre Georges Drobot (1925-2011).

Ayant fui en 1944 avec sa mère et sa sœur la Lettonie tombée sous l’occupation soviétique, il trouva refuge en 1947, après un long périple à travers l’Europe en guerre, à Paris, auprès de son oncle le métropolite Vladimir (Tichonicky) (1873-1959) qui était alors à la tête de l’Archevêché des Eglises Russes en Europe Occidentale. Ayant vécu dans la Maison d’Accueil des Jeunes à Villemoisson-sur-Orge, il emménagea bientôt à la rue Daru auprès de son oncle en tant que « kéléïnik ». Après des études secondaires, il jbtint le diplôme de l’Ecole Spéciale des Travaux Publics, domaine dans lequel il œuvra tout au long de sa carrière professionnelle ; ce qui le mena à beaucoup voyager à travers l’Europe, l’Afrique et la péninsule Arabique.

Dès son arrivée en France, il s’investit dans le mouvement de Scouts Russes dont il fut responsable jusqu’à la fin de l’année 1962. En mai 1958, il épouse Lidie Alekséiévna Vigoura. Ils auront deux filles : Catherine et Irène. Dès 1958 Vadim Elpidiphorovitch est élu au conseil paroissial de la cathédrale. C’est sous la direction du marguillier de l’époque, Vladimir Nikolaévitch Zagorovsky (1899-1978), qu’il apprend sa future fonction de marguillier à laquelle il sera élu en 1973 et qu’il remplira jusqu’en 2011. Depuis 1962, il participa de manière très active et efficace à la mise en valeur et à la restauration aussi bien extérieure qu’intérieure de la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky et de sa crypte.

Après l’obtention du classement de la cathédrale comme monument historique en 1981, il assura la maitrise d’ouvrage de travaux importants de réfection des couvertures, des flèches et des croix, ainsi que de la restauration intérieure complète des fresques et de l’éclairage. Il obtint pour cela l’Ordre National du Mérite en 2008. A son départ de la charge de marguillier, il reçut le titre de Marguillier d’Honneur pour toute l’œuvre accomplie pour la renommée et la beauté de notre cathédrale, titre décerné par l’archevêque Gabriel, soutenu par le Conseil Paroissial à l’unanimité. Il fut par ailleurs, pendant plusieurs dizaines d’années président de l’Association Saint Séraphin, gestionnaire de la paroisse de la rue Lecourbe.

Tous ceux qui ont eu le privilège et le bonheur de connaitre Vadim Elpidiphorovitch et de travailler à ses côtés garderont de lui le souvenir d’un homme intègre et désintéressé, œuvrant sans relâche pour l’Eglise, la cathédrale Saint-Alexandre- Nevsky, sa famille et ses proches, avec calme, tempérance et efficacité. Un homme de paix souffrant physiquement et spirituellement des discordes, médisances et agressivités qu’il rencontrait dans son travail pour l’Eglise, mais qu’il savait pardonner, à l’image de son grand-père Saint Mikhaïl, qui priait pour ses assassins lors de son exécution, gardant en son cœur l’exemple de son oncle, le métropolite Vladimir de bienheureuse mémoire.

Вечная память !

Protodiacre Jean Drobot

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