Message de Noël 2004-2005 de Monseigneur Gabriel

Révérends Pères, très chers frères et sœurs en Christ !

Que T’apporterons-nous, ô Christ, parce que Tu es apparu sur terre en tant qu’homme à cause de nous ? Car chacune de tes créatures T’apporte l’action de grâces : les anges - le chant ; les cieux - une étoile ; les mages - les dons ; les bergers - l’émerveillement ; la terre - une étable ; le désert - une crèche ; et nous - une Mère Vierge. Toi qui fus avant les siècles, ô notre Dieu, aïe pitié de nous. (Vêpres de la Nativité du Christ, stichère du lucernaire).

JPEG - 197.9 ko
Icône de la Nativité du Christ
Icône peinte par Marie-Reine Hugot, responsable de l’Atelier Sainte Théodora

C’est un grand mystère que nous célébrons aujourd’hui : celui de l’Incarnation du Fils de Dieu qui se fait fils de l’homme pour notre salut. Comme l’a si bien dit saint Irenée de Lyon, « Le Verbe de Dieu s’est fait homme, et le Fils de Dieu, Fils de l’homme pour que l’homme, en se mélangeant au Verbe et en recevant ainsi la filiation adoptive, devienne fils de Dieu ».

Et cet événement a une répercussion cosmique : en venant sauver l’humanité, c’est la création entière que Dieu rappelle à Lui. En effet, l’humanité devait être sauvée non pas de la création, mais avec la création tout entière, afin qu’elle soit « libérée de la servitude de la corruption à la liberté de la gloire des enfants de Dieu » (Rm 8, 21).

Toutefois, l’homme avait été créé libre, et Dieu respecta cette liberté. Dieu ne pouvait pas sauver l’humanité contre sa volonté. Et c’est pourquoi, la Mère de Dieu accepta librement, et avec elle, la nature humaine tout entière, ce salut qui lui fut proposé par l’archange Gabriel : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole ! » (Lc 1,38). Ce fut donc par une libre coopération (synergie) de l’humanité au dessein divin que s’est accompli ce « mystère caché depuis les siècles » (Col 1.26), que « Dieu devient homme pour que l’homme devienne dieu », et que la Mère Vierge est devenue pour notre nature renouvelée la source et la cause de tous les biens Rendons grâces à Dieu pour ce mystère et associons-nous personnellement à celui-ci.

En effet, de même que Dieu n’a pu réaliser ce dessein sans la coopération de l’humanité, de même notre propre salut ne peut être imposé contre notre volonté. A tout moment de notre vie, nous devons nous aussi collaborer à la volonté divine. A chaque instant, notre volonté humaine doit s’associer à la grâce qui nous est donnée avec abondance à travers les sacrements de l’Église, de telle sorte que ce ne soit plus nous qui vivions, mais que ce soit le Christ qui vive en nous (Ga 2,20).

Ainsi, l’homme a le choix d’accepter le mystère qui s’accomplit pour nous, ou de le rejeter : le choix entre la vie et la mort, entre l’amour et la haine, entre le renouvellement ou la corruption. Or, nous tous, qui avons été baptisés en Christ, nous avons revêtu le Christ (Rm 6,3 ; Ga 3,27). Mais pour que le Christ vive en nous, nous devons ouvrir notre cœur et en faire retable de Bethléem. Chaque jour de notre vie, nous devons fane grandir le Christ, le Nouveau-né de Bethléem. Nous devons taire en sorte, que le mystère que nous célébrons aujourd’hui ne soit pas un anniversaire, une fête annuelle, mais l’événement de notre vie, constamment actualisé.

Célébrant aujourd’hui ce mystère étonnant et très glorieux, cette solennité grande et lumineuse, acceptez, très chers Pères, frères et sœurs en Christ, mes meilleurs vœux : que la nouvelle année que nous entamons soit bénie et profitable à notre salut. « Gloire à Dieu au plus haut des deux, et paix sur terre, aux hommes - bienveillance » (Lc 2,14).

Cathédrale Saint-Alexandre-de-la-Neva Paris, le 7 janvier 2005

† Archevêque Gabriel

Retour haut de page
SPIP