Père Dimitri Klépinine

La formation religieuse

En 1925, Dimitri s’inscrit à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, récemment fondé à Paris. Son principal maître sera désormais le Père Serge Boulgakov. Théodore Pianov rapporte dans ses Mémoires : « L’Institut de théologie fut pour le Père Dimitri sa famille spirituelle. Il n’a pas été un « théologien » dans le sens propre du terme. Ses affinités spirituelles avec le Père Serge furent néanmoins très fortes. L’homme, surtout, lui était proche, bien plus que le savant-théologien. À l’instar de nombreux intellectuels russes, ce dernier avait suivi un parcours difficile qui l’avait ramené finalement du marxisme au christianisme. Dimitri était ébloui par l’envergure du Père Serge et par son génie créatif. [...] Le Père Dimitri aura une vénération particulière pour la Mère de Dieu, où l’on ressentait une certaine influence du Père Serge. Mais il étendra cette tendresse fervente pour la Mère du Christ à notre monde, aux souffrances des hommes et à tous les êtres vivants. Apaiser toutes les souffrances semblait bien être sa vocation ».

Dimitri termina l’Institut en 1929 et reçut une bourse pour parfaire sa formation au Séminaire de théologie de New-York. Il y étudiera les écrits de Saint Paul, qui lui restera très proche toute sa vie. Il se rend ensuite à Bratislava, en Slovaquie, pour aider le Père Serge Tchetvérikov, qui devient son père spirituel.

En 1932, Dimitri rend visite à son père, dans la région de Bor (Yougoslavie). Il y revoit sa gouvernante, à qui il était très attaché dans son enfance. De famille catholique, celle-ci avait été fortement impressionnée par la progression spirituelle de Dimitri dans l’Orthodoxie. Il l’avait retrouvée gravement malade et resta auprès d’elle les derniers jours. Elle se convertit à l’Orthodoxie juste avant de mourir.

Au début de l’année 1934, Dimitri revient à Paris, où il exerce divers métiers pour gagner sa vie, comme manœuvre, laveur de carreaux ou cireur de parquets. Il participe en même temps avec zèle à l’Action chrétienne des étudiants russes (ACER), principalement en qualité de chantre et de chef de chœur pendant les congrès de l’association et les camps de vacances. Sa quête spirituelle l’amène finalement à envisager la prêtrise.

Le Métropolite Euloge, auquel il était très attaché et qu’il qualifiait volontiers de « starets », savait déceler les vocations profondes de ses ouailles. Lors d’une soirée dédiée à la mémoire du Père Dimitri, le Métropolite racontera, avec une pointe d’humour, comment les Orthodoxes de Paris « avaient décidé d’aider le jeune homme timide à trouver une fiancée. Et Dieu, dans sa miséricorde, lui envoya une compagne parfaite sous tous les rapports ». Dimitri fit la connaissance de Tamara Fédorovna Baïmakova, secrétaire de l’ACER de Riga et correspondante de la revue Vestnik, lors d’un congrès de l’ACER. Ils se marièrent en 1937, à Colombelles, en Normandie. La même année, Dimitri sera ordonné diacre, puis prêtre, en la cathédrale Saint-Alexandre de la Néva, par le Métropolite Euloge assisté de l’évêque de Prague Mgr Serge (Korolev). Il fut d’abord nommé troisième prêtre à l’église de l’ACER.

D’octobre 1938 à l’automne 1939, le Père Dimitri officie à Ozoir-la-Ferrière, puis il est nommé recteur de l’église du foyer fondé par Mère Marie (Skobtsov), rue de Lourmel, à Paris. La famille Klépinine s’y installe, avec la petite Hélène, née peu auparavant. Bientôt naîtra Paul, leur deuxième enfant.

Le ministère

Traduit du russe par Anne Prokofieff à partir de textes réunis par Tatiana Victoroff. Paru dans Le Messager Orthodoxe, n° 140, 2004.

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