Les quatre saints martyrs de l’Action Orthodoxe

Le saint-synode du patriarcat œcuménique a procédé, lors de sa session du 16 janvier 2004, à la canonisation de cinq personnalités marquantes de l’histoire spirituelle de l’émigration russe en France, le père Alexis Medvekov (1867-1934), mère Marie (Skobtsov) (1891-1945) et ses compagnons, le père Dimitri Klépinine (1904-1944), Georges (Youri) Skobtsov (1921-1944) et Élie Fondaminsky (1880-1942). Cette canonisation faisait suite à la demande présentée au patriarcat, l’année dernière, par l’archevêque Gabriel. C’est la première fois que l’Église orthodoxe reconnaît officiellement la sainteté de plusieurs de ses membres qui ont vécu une partie de leur vie en diaspora, dans des pays d’Europe occidentale (en France et en Allemagne). La glorification solennelle des nouveaux saints et la proclamation de leur canonisation [ont eu] lieu les 1er et 2 mai [2004], à Paris, en la cathédrale Saint-Alexandre-de-la-Néva, sous la présidence de l’archevêque Gabriel, en présence des évêques des diocèses des différentes juridictions canoniques présentes en France et dans les pays limitrophes. À cette occasion, le Service orthodoxe de presse a demandé à Hélène Arjakovsky-Klépinine de retracer le parcours de quatre de ces nouveaux saints, qui moururent martyrs dans les camps de concentration nazis, et de rappeler le long processus qui a abouti à l’inscription de leur nom sur la liste des saints de l’Église orthodoxe.

Hélène Arjakovsky-Klépinine, [née en 1941], est la fille du père Dimitri Klépinine. Agrégée de l’université, professeur de lettres supérieures à la retraite, elle vit aujourd’hui à Tübingen (Allemagne). Elle est l’auteur de nombreuses études sur la vie et l’oeuvre de mère Marie (Skobtsov), notamment d’une biographie spirituelle qui figure dans le recueil de textes de mère Marie paru sous le titre Le Sacrement du frère (Cerf / Sel de la Terre, 1995, 2e éd., revue et complétée, 2001) (SOP 197.26).

L’acte de canonisation du 16 janvier 2004 est devant moi ! Comment exprimer mon immense joie à l’annonce de l’événement que nous attendions avec impatience, sans néanmoins oser y croire : la canonisation de mère Marie et Youri Skobtsov, d’Élie Fondaminsky et de mon propre père, Dimitri Klépinine ?

Certes, les documents préalables à la canonisation avaient été mis en route en 1993, ils avaient été élaborés avec l’aide de nombreux amis : prêtres, moines et moniales, laïcs, amis paroissiens, éditeurs, responsables d’associations qui m’ont souvent invitée à parler de mère Marie en France, en Belgique, en Suisse et ici en Allemagne, où je vis maintenant.

"Nous sommes tous appelés à la sainteté"

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