Les quatre saints martyrs de l’Action Orthodoxe

Reliques et miracles

3. L’état du corps. Dans le cas du père Alexis Medvedkov [prêtre de la petite paroisse d’Ugine (Savoie), de 1931 à sa mort, en 1934. Son corps fut retrouvé intact, en 1956, lors de l’exhumation rendue nécessaire par une transformation du cimetière communal, et transféré, l’année suivante, dans la crypte de l’église du cimetière orthodoxe de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). Il a été, lui aussi, canonisé le 16 janvier dernier] ce fut l’élément déterminant. C’est un signe d’élection, une façon d’attirer l’attention des humains qui n’ont pas remarqué du vivant de la personne en question, à la vie humble et discrète, qu’il était saint. Mais, dans la plupart des cas, et notamment chez les martyrs, il n’y a plus de corps : il a été noyé, oublié, enseveli dans la merzlota comme, par exemple, c’est le cas pour la plupart des néo-martyrs russes du 20e siècle.

Dans le cas des martyrs de l’Action orthodoxe, leurs corps ont été brûlés dans les fours crématoires et leurs cendres dispersées. Mais des habitants d’Anapa, au sud de la Russie, ville dont mère Marie a été le maire et qui la vénèrent particulièrement, ont recueilli des cendres à Ravensbrück et les ont rapportées pour les vénérer dans le musée qu’ils ont construit à sa mémoire. Dans l’église Saint-Roch à Paris, où ont lieu chaque mois de juin des concerts de musique sacrée orthodoxe, il y a des urnes où ont été rassemblées les cendres des suppliciés des différents camps de concentration nazis. Ce serait, peut-être, une bonne idée de recueillir, nous aussi, et de placer dans quelque monastère ou église orthodoxe de France, accessibles à la vénération des fidèles, quatre urnes avec des cendres recueillies à Ravensbrück, Auschwitz et Buchenwald.

4. Les miracles. Ils sont à relier à la vénération. Autrefois, l’évêque, ou l’hagiographe chargé du dossier de canonisation, recueillait et tentait de vérifier des témoignages de guérisons, de conversions, de réconciliations directement liés soit à une prière adressée à la personne vénérée, soit au contact avec un objet ou à "une relique" lui ayant appartenu.

Aujourd’hui, la notion de miracle s’est élargie et l’on considère que le fait même que cette personne vénérée ait "mené le bon combat", qu’elle ait accompli son "exploit" et ait inspiré l’entourage d’en faire autant est un miracle. Le fait que des orthodoxes se soient conduits de façon digne de leur qualité de chrétiens, aidant les sans-abri et sauvant les persécutés aux heures noires de l’Occupation nazie, nous fait honneur et nous inspire. De même qu’on appelle miracle le fait que des personnes peu ou pas croyantes, ayant appris l’exploit et la vénération du futur saint, se soient tournées vers Dieu ou aient placé leur action caritative sous son patronage en lui adressant déjà des prières. Ainsi, les infirmières du Centre Sainte-Anastasie qui se dévouent au service des orphelins et des enfants des rues à Saint-Pétersbourg ont placé mère Marie parmi les saintes qu’elles vénèrent et invoquent.

"Il nous convient tous de connaître leur exploit et leur sacrifice en faveur de leurs frères et soeurs juifs"

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