Élie Fondaminski dans l’émigration

Il est difficile d’évoquer la figure d’Élie Isidorovitch Fondaminski sans tomber dans le ton hagiographique. Ce fut en vérité un juste dans les sens chrétien aussi bien que laïc de ce terme, en outre il mourut en martyr. Certes, ses chances d’accéder à la canonisation, lui un juif et un socialiste révolutionnaire, sont minimes. Mais il est une autre canonisation, laïque celle-ci, qui, l’intervention du mouvement Liberté du Peuple [1] aidant, a édulcoré et dépersonnalisé les biographies du plus grand nombre des justes de l’intelligentsia russe. C’est pourquoi il est si important de conserver les traits vivants du visage de l’homme avant qu’ils ne disparaissent, effacés sous la légende héroïque. Une certaine dose d’approche critique à la façon des Bollandistes est ici requise.

Une rare bonté

[1] Народная воля (Liberté [ou volonté] du peuple) : société révolutionnaire fondée en 1879, qui prônait la terreur.

Retour haut de page
SPIP