Message de Noël 2005 de Son Eminence Gabriel, Archevêque de Comane

Message de Noël de Son Éminence l'Archevêque Gabriel de Comane au clergé et aux fidèles de l'Exarchat patriarcal des paroisses orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale

Révérends Pères, très chers frères et sœurs en Christ !

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur terre, aux hommes - bienveillance » (Lc 2,14).

C’est par ce chant angélique que nous jubilons en ce jour où nous célébrons la Nativité du Christ, et notre joie est justifiée, puisque nous fêtons la réconciliation de l’homme avec Dieu, de la créature avec son Créateur. Aujourd’hui s’accomplit en effet ce que le prophète Isaïe avait prédit : « Un enfant nous est né, un Fils nous est donné, son empire est sur son épaule, et à sa paix, il n’y a pas de borne » (Is 9,5-6).

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Icône de la Nativité du Christ
Icône peinte par Marie-Reine Hugot, responsable de l’Atelier Sainte Théodora

En effet, jusqu’à la venue du Fils de Dieu en ce monde, il n’y avait pas de paix sur la terre. Les hommes s’étaient non seulement détournés de Dieu à travers le péché, mais combattaient même entre eux. Cette inimitié conduisait l’humanité tout entière à la perdition. Toutefois, Dieu qui ne désire pas la mort du pécheur mais sa conversion, envoya dans le monde un réconciliateur : son Fils Unique, le prince de la paix (Is 9,5). Comme nous le dit le saint apôtre Paul, « c’était Dieu qui dans le Christ se réconciliait le monde, ne tenant pas compte des fautes, et mettant en nous la parole de réconciliation » (2 Co 5,19).

Le Fils de Dieu nous a réconcilié avec Dieu. Toutefois, pourquoi continuons-nous à combattre Dieu à travers nos péchés ? Le Fils de Dieu nous a donné la paix, mais qu’avons-nous fait de l’amour par lequel nous sommes appelés à nous distinguer en tant que disciples du Christ (Jn 13,35) ? Qu’avons-nous fait de la miséricorde, du pardon, de l’amour que nous devons avoir les uns envers les autres ?

Le Fils de Dieu a apporté la paix sur la terre, le commandement de l’amour du prochain, du service mutuel et de la cohabitation pacifique. Toutefois, lorsque nous regardons autour de nous, nous voyons grandir l’hostilité, surgir la terreur, se répandre la violence, déferler la guerre. Si aujourd’hui la paix ne règne pas sur la terre, c’est que les hommes se détournent de Dieu et n’accomplissent pas ses commandements d’amour, de justice et de paix.

La meilleure offrande que nous puissions apporter en ce jour au Christ nouveau-né est notre réconciliation avec Lui par le repentir ainsi que notre réconciliation mutuelle, les uns avec les autres. Alors, nous recevrons en retour un don encore plus grand : la paix que le Sauveur nous a donné (Jn 14,27), une paix que le monde ne connaît pas, qui est la paix intérieure, la paix de l’âme, un fruit de l’Esprit saint (Ga 5,22). Cette paix nous est donnée à travers l’Église et ses mystères, à travers notre réconciliation avec Dieu, avec notre prochain et avec notre propre conscience.

Célébrant aujourd’hui ce mystère étonnant et très glorieux, prions le Prince de la paix et le Sauveur de nos âmes de nous accorder cette paix intérieure afin que nous puissions, au milieu de la violence et de l’hostilité qui nous entoure, devenir véritablement « le sel de la terre » et « la lumière du monde » (Mt 5,13-16), être ce petit levain qui fait lever la pâte (1 Co 5,6), et ainsi, réaliser notre vocation d’être « l’âme dans le monde ».

Que la bénédiction du Seigneur vous accompagne tout au long de la nouvelle année que nous entamons, et qu’elle soit pour nous tous bénie et profitable à notre salut. Que le Seigneur nous aide à accomplir le bien et d’être de véritables enfants de Dieu, dignes du Royaume des cieux.

Gabriel,
Archevêque de Comane
,
Exarque patriarcal des paroisses de tradition russe en Europe occidentale
Cathédrale Saint-Alexandre-de-la-Néva,
Paris, le 25 décembre 2005 / 7 janvier 2006

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