Communiqué N° 59 du Conseil de l’Archevêché

Réunion du 28 décembre 2004

Le Conseil de l’Archevêché s’est réuni, en session extraordinaire, le 28 décembre 2004, sous la présidence de S. Em. l’Archevêque Gabriel, et a examiné la situation à Biarritz et à Altéa.

Biarritz
Monseigneur l’Archevêque Gabriel a informé le Conseil des événements récents survenus à la paroisse de la Protection-de-la-Mère-de-Dieu et de Saint-Alexandre-Névsky, à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). A la suite de différends apparus entre le prêtre en charge de cette paroisse, le Père Georges Monjoch, et ses paroissiens, le Conseil paroissial a demandé à Monseigneur l’Archevêque Gabriel de mettre fin à ses fonctions de recteur, ce qui a été fait par décret archiépiscopal en date du 16 décembre 2004. En outre, à la suite des agissements du Père Georges et des propos mensongers qu’il a tenus sur le compte de Monseigneur l’Archevêque Gabriel, le Père Georges a été, par le même décret, suspendu "a divinis" (interdit de célébration) à titre temporaire jusqu’ à sa comparution devant une réunion conjointe du Comité épiscopal et du tribunal ecclésiastique. (cf. communiqué de l’Administration diocésaine du 18 décembre 2004).

Mgr l’Archevêque a donné des précisions sur les derniers développements de la situation. Le Père Georges a, de sa propre autorité, fait mettre des scellés sur l’église rendant impossible la célébration qui y était prévue le dimanche 26 décembre. Ce même dimanche, il a réuni une prétendue "Assemblée Générale Extraordinaire" dans les locaux de l’église. Cette Assemblée Générale Extraordinaire avait été convoquée par lui par lettre du 4 décembre sans l’avis conforme du Conseil Paroissial, pourtant exigé par les statuts. Aucun des membres du Conseil paroissial régulièrement élus en vertu des statuts de l’Association cultuelle n’a pris part à cette assemblée qui était composée d’un nombre important de personnes extérieures à l’Association. L’Assemblée a procédé à des votes mettant fin au mandat du précédent conseil et faisant passer la paroisse sous la juridiction du Patriarcat de Moscou.

Une discussion s’est ensuite engagée, à l’issue de laquelle le Conseil a décidé l’envoi d’une délégation, le lendemain même, avec à sa tête S. Em. Mgr Gabriel, afin de rencontrer sur place les membres du Conseil paroissial et les paroissiens et d’étudier avec eux la situation et les mesures juridiques à prendre. Elle devait également rencontrer les autorités préfectorales et municipales ainsi que l’ordinaire catholique du lieu afin de les informer de la situation.

Mgr Gabriel a aussi annoncé qu’il avait signé un décret pour suspendre a divinis (interdiction de célébrer) à titre définitif le père Georges Monjoch et qu’il convoquerait, au cours du mois de janvier 2005, le Tribunal ecclésiastique pour prendre éventuellement d’autres mesures.

L’émotion des membres du Conseil est à la mesure de la gravité des évènements survenus à Biarritz. Il n’est pas admissible qu’une opération menée par un nombre important de personnes non membres de la paroisse de Biarritz puisse en prendre possession en promettant à son prêtre des moyens financiers nécessaires à la restauration de son bâtiment Une opération de cette nature, totalement contraire aux statuts de la paroisse, à l’éthique la plus élémentaire et, a fortiori, à l’esprit de l’Evangile, doit susciter la réprobation générale. Le Conseil ne peut que regretter dans ces circonstances que certaines personnes qui se déclarent membres de l’Archevêché et affirment agir pour le bien de l’Eglise se réjouissent de cette atteinte manifeste à la liberté et à la paix de la communauté de Biarritz. Le Conseil apporte son plein soutien à Monseigneur l’Archevêque Gabriel dans cette épreuve et demande à l’Administration Diocésaine d’aider le Conseil Paroissial à prendre toutes les mesures que nécessite la situation.

Altéa
Le Conseil a également pris connaissance avec tristesse et étonnement que la paroisse qui était en voie de formation à Altéa (Espagne) avait pris la décision, sans en avoir préalablement informé ni Mgr l’Archevêque ni l’Administration Diocésaine, de joindre le Patriarcat de Moscou. Ce fait accompli a été entériné par le Saint-Synode du Patriarcat de Moscou, lors de sa session du 24 décembre dernier (journal n° 93).

En conséquence, après avoir entendu l’avis du Conseil, Mgr l’Archevêque Gabriel a été amené à :

  1. Exprimer sa réprobation devant l’attitude et la façon d’agir de la paroisse d’Altéa et de son clergé ;

  2. Décréter qu’à compter du 24 décembre 2004, cette paroisse ne fait plus partie de l’Archevêché.

  3. Mettre en interdit a divinis le diacre Vladimir Zhukov.

  4. Interdire à l’archiprêtre Vladimir Koriak et au diacre Vladimir Zhukov toute célébration dans une église dépendant de l’Archevêché ;

  5. Interdire au clergé de l’Archevêché de concélébrer avec eux.

Rappel historique concernant Altéa :

Le projet de construction d’une église orthodoxe à Altéa a été lancé, en 2001, par M. Mikhaïl Botsko, entrepreneur originaire de Rostov-sur-le-Don (Russie), installé depuis peu en Espagne avec sa famille. M. Botsko s’est adressé au défunt Archevêque Serge pour l’ouverture d’une paroisse, dont il entendait être le responsable laïc. Le principe de l’ouverture d’une paroisse à Altéa a été arrêté lors de la réunion du Conseil du 27 juin 2002.

Le père Vladimir Koriak, prêtre du diocèse de Rostov-sur-le-Don, a été invité par M. Botsko à venir desservir la communauté d’Altéa. Mgr Serge a donné au père Vladimir Koriak la permission, par décret daté du 15 septembre 2002, de célébrer à Altéa dans un local paroissial provisoire jusqu’à la construction d’un lieu de culte définitif. À la demande du père Vladimir Koriak, M. Vladimir Zhukov a été ordonné diacre, le 22 septembre 2002, par l’Archevêque Serge, pour l’église d’Altéa.

À part cette lettre de Mgr Serge, les Archives de l’Administration Diocésaine ne gardent trace d’aucun autre document quant à la situation canonique du père Vladimir Koriak, ni décret officiel l’intégrant dans le clergé de l’Archevêché, ni la moindre lettre de son autorité diocésaine en Russie lui permettant de rejoindre un autre diocèse. Le père Vladimir Koriak continuait d’ailleurs à se considérer comme clerc hors-cadre du diocèse de Rostov-sur-le-Don, comme il l’écrit dans une lettre du 24 février 2003 à S. Em. le métropolite Cyrille de Smolensk.
Dans une lettre datée 13 mai 2004, S. Em. le Métropolite Cyrille de Smolensk a alerté S. Em. l’Archevêque Gabriel de la situation non canonique dans laquelle se trouvait, selon lui, l’archiprêtre Vladimir Koriak. lequel avait été mis en interdit a divinis par l’Archevêque Vladimir de Rostov-sur-le-Don (aujourd’hui métropolite de Saint-Pétersbourg), en 1993, pour manquement à l’obéissance à l’autorité épiscopale et passage dans la juridiction de l’Église russe hors-frontières (en Russie).

En réponse à une demande d’information de Mgr Gabriel, le père Vladimir Koriak a été amené à préciser, par lettre du 1er juillet 2004, sa situation canonique. Il a reconnu avoir été suspendu a divinis, mais a indiqué que cette sanction aurait ensuite été levée sous conditions. Il a aussi implicitement reconnu qu’il n’avait jamais informé Mgr Serge de cet interdit. “Dans un entretien personnel, le 22 septembre 2002, Mgr Serge m’a dit que le temps venu il me faudrait faire une demande pour être reçu dans la juridiction du Patriarcat Œcuménique. À l’heure actuelle, je continue à être un clerc hors-cadre relevant du diocèse de Rostov-sur-le-Don du Patriarcat de Moscou”, écrivait-il encore. Dans une nouvelle lettre à Mgr Gabriel, en septembre dernier, le Métropolite Cyrille de Smolensk faisait savoir que les conditions n’avaient toujours pas été remplies et que le Métropolite Vladimir de Saint-Pétersbourg n’avait de fait pas levé l’interdit sur le père Koriak, ce dont il avait été pris acte par l’Administration Diocésaine.

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