25e anniversaire du décès de l’Archevêque Georges (Tarassov)

À l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de Monseigneur Georges (Tarassov), archevêque de Syracuse à la tête de notre diocèse de 1960 à 1981, Monseigneur Gabriel célébrera, le mercredi 22 mars 2006 à 9h00, la liturgie des Saints Dons présanctifiés en l’église de la Dormition à Ste-Geneviève-des-Bois et une pannikhide sur la tombe de Mgr Georges.
Une pannikhide sera célébrée le même jour à 19h00 en la Cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky.


Monseigneur Georges (14 avril 1893-22 mars 1981), dont on commémore cette année le vingt-cinquième anniversaire du décès, a été à la tête de notre Archevêché pendant plus de vingt ans.

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Portrait de Monseigneur Georges (Tarassov)
Peinture d’Alain Dufourcq (Source)

Mgr Georges, dans le monde Georges Vasilievitch Tarassov, était né à Voronège. Il avait fait ses études d’abord au collège technique de cette ville, puis à l’Ecole supérieure technique de Moscou et avait obtenu le diplôme d’ingénieur-chimiste. Durant la première guerre mondiale il s’engage comme volontaire dans l’armée impériale, passe les cours d’aviation et devient pilote de chasse avec le grade d’officier. En 1916, il est envoyé sur le front de l’Ouest pour étudier les techniques de l’aviation militaire française. Après la Révolution russe, il reste sur le front occidentale et s’engage comme volontaire dans l’armée belge comme pilote. Il est démobilisé en 191 avec le grade de commandant et s’installe en Belgique, où il travaille de 1921 à 1934 comme ingénieur-chimiste dans différentes usines.

En 1922, Georges Tarassov épouse Eugénie Semenovna Frechkop. En 1928, le jour de la fête de l’Annonciation, il est ordonné diacre par le métropolite Euloge. Il serait probablement resté diacre toute sa vie, si un événement inattendu - le brusque départ du prêtre des paroisses de Louvain et de Gand - ne l’avait conduit à recevoir la prêtrise pour desservir ces deux paroisses, composées à l’époque de nombreux étudiants émigrés russes. Le 3 février 1930 il était donc ordonné prêtre.

La veille de l’Annonciation, en 1932, le père Georges dût subir une très lourde perte, la mort de sa femme, emportée par une fulgurante maladie. L’année suivante, à l’Annonciation, il prononçait ses vœux monastiques. En 1940, le père Georges fut nommé recteur de la modeste église du saint mégalomartyr Pantéléïmon, à Bruxelles, tout en continuant à desservir d’autres paroisses de Belgique. Durant l’occupation allemande, il fut arrêté au moins deux fois par les nazis. Lors de l’une de ces arrestations, l’interrogatoire dura dix heures d’affilé. Durant toute cette période le père Georges défendit toujours l’attachement au Patriarcat œcuménique.

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Mgr Wladimir et Mgr Georges

Le 4 octobre 1953 il fut ordonné évêque auxiliaire par le métropolite Vladimir et reçut du Patriarcat œcuménique le titre d’évêque de Syracuse. L’ordination épiscopale eut lieu dans la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky, à Paris. Après la mort du Métropolite Vladimir (18 décembre 1959), une Assemblée diocésaine clérico-laïque l’élit à la tête de l’Exarchat en juin 1960 et le Patriarcat œcuménique confirma cette élection en l’élevant au rang d’Archevêque, en octobre 1960.

Mais une nouvelle épreuve attendait le nouvel Archevêque : le 22 novembre 1965, la structure d’ « Exarchat provisoire », que le diocèse avait reçue en 1931, fut supprimée par décision du Patriarche œcuménique. Devant Mgr Georges se dressait une tache difficile - défendre l’existence même du diocèse qui lui avait été confié, faire valoir la vérité ecclésiale et protéger son troupeau des troubles, de la division et de l’immixtion des puissances de ce monde. C’est dans ces conditions difficiles que l’Archevêque Georges proclama avec courage le 30 décembre 1965 « l’indépendance et l’auto-administration » de l’Archevêché qu’il dirigeait et cette décision audacieuse fut confirmée par le vote d’une Assemblée diocésaine clérico-laïque en février 1966.

Ayant ainsi assurée l’existence même du diocèse, Mgr Georges se fixa ensuite une nouvelle tâche importante : renforcer et redéfinir le lien canonique qui, depuis 1931, existait entre le diocèse et le Patriarcat œcuménique, lien qui ne s’était pas rompu même après la fermeture de l’ « Exarchat provisoire ». Dieu permit à Mgr Georges de voir s’accomplir son vœux : une charte du Patriarche œcuménique Athénagoras confirmait à nouveau, le 22 janvier 1971, le rattachement de notre diocèse au Patriarcat de Constantinople. La charte confirmait également « l’autonomie interne » et la pérénité territoriale de notre Archevêché.

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Mgr Georges (Tarassov)

La longue vie terrestre de Mgr Georges fut pleine d’épreuves pénibles, mais aussi de réconfort spirituel et de joie intérieure. L’Archevêque Georges était très fermement attaché à la fidélité au Patriarcat œcuménique en sa qualité de centre de l’unité panorthodoxe. Il défendait également la liberté de la vie ecclésiale face aux différentes influences extérieures, étrangères à l’Eglise du Christ. Il était un fidèle représentant de la tradition ecclésiale russe. Et, dans le même temps, son cœur était largement ouvert à tous ceux qui cherchaient la Vérité du Christ avec foi et amour. L’une des grandes joies de Mgr Georges, dans les dernières années de sa vie terrestre, avait été l’ouverture de nouvelles paroisses et communautés dans les régions où il avait commencé son ministère pastoral : en Belgique, au Pays-Bas...

Un mois avant sa mort, Mgr Georges avait subi une opération chirurgicale lourde. Au même moment, on préparait une assemblée pastorale fixée au 20 février 1981. Quelques jours après l’opération, Mgr Georges se rappela qu’il y allait y avoir cette réunion, et il dit : « Et vendredi, il y aura une fête à la cathédrale ». Et, ayant obtenu confirmation que ce jour-là allait bien se tenir l’assemblée, il demanda que l’on transmette ses salutations et sa bénédiction : « Dites-leur que je les aime tous ». ce fut le dernier message qu’il adressa à son clergé et par son intermédiaire à tout le troupeau des fidèles qui lui avait été confié par le Christ.

Mgr Georges s’est éteint paisiblement dans la soirée du 2e dimanche du Grand Carême, le 22 mars 1981. Ses obsèques ont eu lieu à la cathédrale, le samedi 28 mars et il a été enterré le même jour dans la crypte de l’église de la Dormition, à Saint-Geneviève-des-Bois, où il repose dans le même caveau que le métropolite Euloge, celui là même qui l’avait conduit vers le service de l’Eglise 53 ans auparavant.


texte rédigé à partir de l’article signé par l’Archevêque Georges (Wagner) et publié dans le Messager Ecclésial, 1981, n° 1

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