Lettre de S. Em. l’Archevêque Gabriel
pour le Grand Carême 2007

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Lettre de l’Archevêque
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Paris, le 14 février 2007

Chers frères dans le sacerdoce,
Frères et sœurs en Christ,

Pendant les semaines qui viennent, nous nous adonnerons au jeûne et à la prière, car le Grand et Saint Carême est l’occasion de nous purifier, corps et âme. Cette purification demeure toujours nécessaire, bien que nous ayons déposé le vieil homme (col 3,9) et revêtu le Christ lors de notre baptême (Gal 3,27), les passions ont repoussé dans notre cœur, étouffant toutes les bonnes semences qui y avaient été plantées par le jardinier céleste (Lc 8,14), bien que nous soyons devenus enfants de la chair (Jn 1,12-13). Il est donc indispensable de nous purifier, car comme nous enseigne le Seigneur, ce sont les cœurs purs qui verront Dieu (Mt 5,8).

Par cette lettre, frères et sœurs, j’attire votre attention sur les membres les plus âgés de nos paroisses. Je ne pense pas seulement aux prêtres et aux diacres, mais aussi à tous les fidèles qui se sont donnés entièrement à leur paroisse, mais que l’on a perdus de vue. Atteints par l’age et la maladie, ils ne peuvent plus se rendre à l’église. Les prêtres leur apportent régulièrement la Sainte Communion, l’on prie pour eux à l’église mais beaucoup d’entre eux se sentent quand même seuls. L’écriture nous dit qu’atteindre un grand âge est un signe de la bienveillance bénie de Dieu. Une vie longue est un don particulier de Dieu. Dans l’Orthodoxie, la vieillesse et la maturité spirituelle qui l’accompagne, est toujours fort respectée. Ce n’est pas pour rien que les pères spirituels sont appelés « startsi ».Je voudrais donc vous demander d’approfondir cette notion du rôle des personnes âgées dans les paroisses et ainsi de nous rendre plus disposés à accueillir avec amour les vieillards parmi nous. Accueillir avec amour veut dire agir activement. Nous devons visiter ceux qui ne peuvent plus venir à l’église et les informer de la vie de la paroisse dans laquelle ils étaient actifs dans la force de leur âge. Nous ne pouvons pas les abandonner dans une solitude qui peut les mener à l’aigreur et au désespoir. Notre attention et nos soins pour eux sont la preuve tangible que Dieu ne les a pas abandonnés. Les soins et l’amour aux personnes âgées sont des signes si clairs de l’amour de Dieu.

C’est en tant que votre archevêque que je veux exprimer mon appréciation et ma gratitude aux personnes qui travaillent dans la gériatrie. Plus que jamais nos frères et sœurs qui séjournent dans les maisons de retraite ont besoin de notre présence, car chaque fidèle est un membre de l’église, un don précieux à l’église et dans chaque phase de sa vie, chaque personne, quelle que soit la situation dans laquelle elle se trouve, doit être aimée. Nous devons donc dénoncer courageusement la culture de mort qui nous entoure et étouffe cette vie- depuis le sein maternel jusqu’à la tombe, cette vie qui est un don de Dieu qui doit être protégé par tous les moyens. Car, hélas, c’est un fait que dans nombre de pays de l’Europe occidentale, notamment aux Pays-Bas et en Belgique, l’euthanasie a été légalisée. Mais, ce n’est pas parce qu’une majorité parlementaire l’a acceptée, que l’euthanasie est moralement acceptable. En tout premier lieu nous devons vivre selon les commandements de Dieu.

« Personne ne vit et ne meurt pour soi, nous vivons et mourons pour Dieu notre Seigneur, c’est à Lui que nous appartenons », dit l’Apôtre.

Chacun de nous est la propriété personnelle de Dieu. Il a une relation avec chacun de nous, Il nous connaît, Il a écrit notre nom sur la paume de sa main, Il nous a appelés du néant à l’existence et c’est sa volonté que nous vivions et soyons sauvés. Dans ce but, Il a envoyé son Fils unique. Nous devons obéir à ses commandements, c’est-à-dire à tout ce qu’il a enseigné, afin qu’Il puisse nous sauver. Toute l’œuvre du salut est admirablement exprimée dans l’anaphore de la liturgie de St Basile qui est célébrée chaque dimanche du Grand Carême. Je vous invite tous à prendre en main et à lire ce texte magnifique. Tous nos besoins et nos désirs, nos questions et même nos faiblesses sont exprimés dans cette prière, mais aussi la réponse pleine d’amour de Dieu à nos questions vitales. Sa façon d’agir avec nous pour notre salut y est exprimée en rendant grâce.

Au début de ce Carême, je vous exhorte donc, chers frères et sœurs, à l’amour du prochain, en particulier à l’amour des plus faibles, nos frères et sœurs âgés, car c’est le Seigneur qui a dit « Ce que vous faites à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40)

† Archevêque Gabriel


Croix de l’annonce : Source

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