Histoire de la Paroisse de Belfort

Le Dimanche 15 avril 2007, dimanche de Thomas, fut fêté le XXe anniversaire de la paroisse de Belfort. La liturgie fut présidée par Monseigneur l’Archevêque Gabriel. Cette fête fut l’occasion de retracer l’histoire de cette paroisse, ici présentée.

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Petite histoire de la paroisse orthodoxe de la Résurrection du Christ à Belfort

Notre paroisse fête cette année le 80e anniversaire de son existence légale. C’est en effet en mars 1927 que l’association cultuelle a été déclarée à la préfecture. Notre histoire, comme celle de nombreuses autres paroisses orthodoxes russes, peut se résumer en trois temps.

Elle commence par l’arrivée des émigrés russes, fuyant la révolution bolchevique. Venus en en France, ils s’installaient dans les régions où il y avait du travail. Ce furent souvent des sites métallurgiques ou industriels comme ici à Belfort. Les communautés russes s’organisaient peu à peu et créèrent des paroisses orthodoxes. Les débuts de la paroisse de Belfort furent difficiles, comme le relate le métropolite Euloge, notre premier hiérarque, dans ses mémoires récemment publiées en français. Les premiers prêtres ne restèrent à Belfort que quelques années. Il y eut d’abord le père Andronik qui s’occupait non seulement des orthodoxes de Belfort mais de tous ceux de l’Est de la France, de Dijon à Strasbourg. Lorsqu’il partît s’occuper des communautés russes aux Indes, il fût remplacé par le père Stéphane Timtchenko qui devint plus tard évêque de Stockholm. Le père Jacques Protopopov, issu de la communauté russe de Vichy, lui succéda deux ans plus tard. Puis vint le père Sylvestre Haruns, futur archevêque de Montréal. A cette époque, la paroisse fut également desservie par le futur évêque Paul et le père Elie Melia, d’origine géorgienne. Pendant la deuxième guerre mondiale de nombreux russes quittèrent la région.

Le deuxième temps commence avec l’arrivée à Belfort du père Eugène Popoff après la deuxième guerre mondiale. Il y restera jusqu’à son décès en 1983. La communauté orthodoxe acheta, en 1949, la maison et le terrain où nous nous trouvons et où une église avait été aménagée dans un ancien garage. La situation matérielle était assurée mais la communauté orthodoxe déclinait. Les aînés vieillissaient et mouraient, les jeunes s’intégraient peu à peu dans le monde et ne venaient plus aux offices. Lors du 50e anniversaire de l’ordination de père Eugène en 1981, la presse locale faisait état du déclin de la communauté, parlant de « maigre assemblée » et de « communauté fantôme ».

Après le décès du père Eugène, le 7 août 1983, la paroisse n’avait plus de prêtre sur place. Son avenir était incertain. L’éventualité d’une fermeture a été envisagée par l’administration diocésaine. Mais pour les prêtres qui venaient célébrer à Belfort une fois par mois, il restait un espoir de survie. Deux raisons à cela : d’une part, l’existence d’une importante communauté serbe arrivée dans la région à la fin des années 70 ; d’autre part, la présence assidue de français et d’alsaciens de souche qui ont trouvé ou retrouvé la foi chrétienne par l’Eglise orthodoxe.

Le renouveau se fera sous l’impulsion du père Nicolas Rehbinder à partir de 1986, avec le soutien de l’administration diocésaine et l’aide de Dieu. En 1990, la maison d’habitation est rénovée et aménagée en trois appartements dont l’un pour le prêtre, un autre comme salle paroissiale. Deux ans plus tard, la paroisse entreprend la construction d’une nouvelle église. Grâce au savoir-faire des paroissiens serbes et la participation de tous, elle est achevée en moins de deux ans. L’iconostase de l’ancienne chapelle orthodoxe de Montbéliard est installée à Belfort. L’église est consacrée à la Résurrection du Christ, le 6 mars 1994 par Monseigneur Serge, Monseigneur Paul et Monseigneur Dositej de l’Eglise serbe. Ce nouveau départ s’accompagne du retour d’un prêtre à demeure à Belfort. Il y eut d’abord le père Emmanuel Babus de 1994 à 1997, suivi du père André Wade de 1997 à 2003. Ces dernières années ont également été marquées par la venue de nouveaux arrivants des pays de l’Est. Notre prêtre actuel, Père Igor, est lui-même arrivé de Russie avec sa famille il y a 4 ans. Leur installation a été facilitée grâce au soutien de Monseigneur Claude Schockert et de l’Evêché catholique de Belfort-Montbéliard.

Ce renouveau, après une mort annoncée, d’autres paroisses orthodoxes l’ont connu ou le connaissent. Il nous montre qu’une paroisse ne se réduit pas à une église avec un toit, des murs et des icônes. Elle ne se réduit pas à des offices, aussi beaux soient-ils. Pour qu’une paroisse vive, il faut que les paroissiens participent à la vie de l’Eglise, non pas en tant que membre d’une institution mais en tant que membre du Corps du Christ et avec l’aide de l’Esprit Saint.

Nous fêtons aujourd’hui nos 80 ans, mais grâce à ce renouveau, nous fêtons aussi un peu notre 20e anniversaire.

Belfort, le 15 avril 2007
Le Conseil Paroissial

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