Rapport du Doyen de l’Institut Saint-Serge à l’Assemblée générale diocésaine 2007

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Église Saint-Serge

Dans ses Mémoires, le métropolite Euloge se souvient des deux objectifs qui furent à l’origine de l’Institut Saint-Serge : d’une part, poursuivre les traditions des académies de théologie en Russie, de développer la pensée et la science théologiques orthodoxes, et d’autre part, préparer des cadres, prêtres et laïcs, avec une bonne formation1. Demeurant fidèle à la mission qui lui a été confiée par ses fondateurs, l’Institut Saint-Serge dont la renommée mondiale n’est plus à démontrer poursuit dans ce contexte son œuvre d’enseignement et de recherches dans le domaine théologique. Dans le même esprit, il continue à former des clercs et des laïcs éclairés pour le service de l’Eglise, sachant répondre aux défis de notre époque.

La réforme académique

C’est donc dans le but de répondre à cette mission que le corps professoral a entrepris pendant l’année universitaire 2005-2006 une réforme majeure des programmes qui a abouti à un nouveau cursus conforme aux exigences universitaires européennes formulées dans la convention de Bologne : une licence en 3 ans, un master en 2 ans et un doctorat en 3 ans.

Dans le même esprit, une école doctorale commune à l’Institut Saint-Serge, l’Institut Protestant de Théologie et l’Institut Catholique de Paris qui verra le jour à la rentrée universitaire prochaine vient d’être créée et une demande d’accréditation a été faite auprès du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche ce qui permettra à l’Institut, si l’accréditation est accordée, de délivrer des diplômes nationaux.

La mise en place de cours semestriels conformément aux nouvelles normes universitaires européennes a pour objet de favoriser les échanges entre les différentes facultés en Europe et l’inscription, en plus des étudiants réguliers, d’un plus grand nombre d’auditeurs libres.

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Une session FTP

Une formation théologique et pastorale, dispensée sous forme de cours du soir et de sessions de week-end, a vu le jour et permet à des laïcs engagés dans la vie active et aux prêtres désirant recevoir une formation continue de suivre un enseignement parallèle à leurs nombreuses activités.

L’Institut compte cette année 15 étudiants en licence, 8 étudiants réguliers en master 1, 11 étudiants en maîtrise, 17 étudiants en doctorat, et une dizaine d’étudiants à la nouvelle Formation Théologique et Pastorale, sans oublier les 25 auditeurs libres qui suivent un ou plusieurs cours dispensés dans notre cursus et la quinzaine de personnes qui fréquentent l’atelier d’iconographie. Les étudiants viennent d’Allemagne, Arménie, Biélorussie, Bulgarie, Canada, Egypte, Etats-Unis, Ethiopie, France, Ghana, Grèce, Italie, Liban, Macédoine, Pologne, Roumanie, Russie, Serbie, Suisse, Turquie, Ukraine.

Parmi les étudiants réguliers, seuls 14% proviennent de notre archevêché. Aux cours du soir de la toute nouvelle Formation théologique et pastorale, seuls 20% sont français. Jusqu’à présent, chacune des sessions de week-end de la Formation théologique et pastorale a attiré de 5 à 20 personnes, où les membres de notre archevêché représentaient au maximum la moitié des participants, certains venant non seulement de province (Lyon) mais aussi de l’étranger (Stockholm). S’il en est ainsi, c’est avant tout parce que l’information circule très mal dans certaines de nos paroisses. Nous vous invitons donc à afficher et à multiplier les tracts que nous vous avons distribués et que nous vous ferons parvenir, et à encourager les membres de vos paroisses à s’y inscrire. Il serait également utile d’avoir des correspondants dans les diverses paroisses afin de faciliter la communication avec l’Institut.

La Formation théologique par correspondance connaît toujours le même succès. Il y avait l’année dernière 300 inscrits dont une cinquantaine qui sont venus régulièrement aux sessions d’examen. A la demande de feu l’archevêque Serge, une section en russe de la Formation théologique par correspondance a été mise en place pour répondre à la demande des fidèles de l’archevêché qui ne sont pas francophones et d’autres diocèses orthodoxes présents en Europe occidentale, et nous travaillons actuellement sur le développement de ce programme.

Lancement du nouveau site internet

(JPEG) Depuis un an, nous nous sommes efforcés à améliorer la communication, et pour cela, nous avons renouvelé notre site internet. Le 23 septembre 2006, notre nouveau site (www.saint-serge.net) a été lancé grâce aux efforts de notre nouveau webmaster et ancien étudiant, M. Alexandre Lacaille. Le site fait état des programmes d’études à l’Institut et s’efforce de donner un accès simple, clair et convivial aux enseignements et aux informations utiles. Vous y trouverez aussi les nouvelles sur la vie académique, les événements à venir et les différents services que l’Institut Saint-Serge met à votre disposition. Le site reçoit en moyenne une centaine de visites chaque jour et nous recevons, par l’intermédiaire du site, environ cinq messages par jour.

Ordinations

Bien qu’il y ait très peu d’étudiants provenant de l’archevêché, l’Institut continue malgré tout à fournir des prêtres à l’archévêché. Trois étudiants de l’Institut ont été ordonnés l’année dernière.

L’étudiant de maîtrise Athanase Nicoviotis, de nationalité française, a été ordonné diacre en octobre 2005 par notre archevêque. Le 14 avril 2006, il a fait sa profession monastique en notre église et a reçu alors le nom d’Ambroise. Le 8 octobre 2006, il a été ordonné prêtre en notre église par l’archevêque Gabriel.

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ordination à Saint-Serge
Ordination diaconale du père Romain Michine source

Le samedi 11 mars 2006, notre archevêque Gabriel a présidé en l’église Saint-Serge la divine liturgie, pendant laquelle l’étudiant de maîtrise, Roman Michine, de nationalité russe, a été ordonné diacre. Le père Roman a été ordonné prêtre une semaine plus tard et dessert maintenant la paroisse de Biarritz.

Le 23 juillet 2006, le hiérodiacre Nectarie (Petre), de nationalité roumaine, a été quant à lui ordonné prêtre par le Métropolite Joseph au monastère de Crasna près de Bucarest (Roumanie) et célèbre dans la métropole roumaine.

Vie académique

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80 ans de l’institut saint-serge

D’année en année, la vie académique de l’Institut est comblée par une abondance d’événements. En effet, plusieurs colloques sont organisés sur différents thèmes théologiques et ecclésiaux. Traditionnellement chaque année ont lieu au mois de juin les Semaines d’études liturgiques qui rassemblent près de 80 participants du monde entier et de toutes les confessions chrétiennes qui viennent écouter plus d’une vingtaine de conférenciers parmi lesquels plusieurs ont une grande renommée. La 54e semaine d’études liturgiques se tiendra du 25 au 28 juin 2007 et aura pour thème : « Confirmation et chrismation : questions autour d’un rite post-baptismal ».

Depuis l’an dernier, l’association « Catéchèse orthodoxe » organise avec notre Institut des journées interconfessionnelles de catéchèse qui rassemblent une quarantaine de personnes impliquées dans la catéchèse des enfants et des adolescents dans les paroisses. Les deux colloques organisés jusqu’à présent ont tenté de répondre à un besoin qui s’est fait grandement sentir dans les paroisses en ce qui concerne l’organisation, la méthode et les programmes de l’enseignement catéchétique.

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Un colloque à Saint-Serge

Depuis l’automne dernier, l’Institut organise aussi des colloques patristiques. Un premier colloque organisé avec la collaboration des Sources Chrétiennes et les éditions du Cerf, réunissant environ 80 chercheurs, spécialistes et universitaires s’est tenu le samedi 25 novembre 2006 sur le thème : « Les intellectuels russes en Occident et le renouveau patristique au 20e siècle » ; il a permis de mesurer l’importance de la contribution des intellectuels russes de l’émigration aux recherches et travaux patristiques entrepris en France au siècle dernier. Un deuxième colloque, consacré à saint Nicolas Cabasilas, s’est tenu le 17 février dernier. Un troisième colloque sur saint Jean Chrysostome est prévu en novembre prochain. Il est également prévu, en octobre prochain, un colloque à la mémoire du père Nicolas Afanassieff à l’occasion du 40e anniversaire de son décès, de même qu’un colloque biblique en février 2008.

L’Institut a décerné lors de la séance solennelle de février 2006 un doctorat honoris causa à Monseigneur Kallistos (Ware) pour sa contribution à la théologie orthodoxe contemporaine. Depuis, nous avons eu la joie d’accueillir à l’Institut Monseigneur Kallistos a plusieurs reprises pour des colloques. Le conseil des professeurs vient de décider d’octroyer un doctorat honoris causa à notre ancien étudiant, le Métropolite Georges (Khodr). La cérémonie aura lieu le vendredi 22 juin à 19h00.

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l’Archimandrite Jonas et le père Job

Par ailleurs, l’Institut continue de recevoir régulièrement la visite d’un grand nombre de personnalités du monde orthodoxe, universitaire et œcuménique, parmi lesquelles on retrouve beaucoup d’anciens étudiants de l’Institut. Ces deux dernières années, nous avons reçu des délégations de la Faculté de théologie de l’Université de Belgrade (Serbie), de la Faculté de théologie de l’Université de Cluj (Roumanie), ainsi que le recteur de l’Université Saint-Tikhon à Moscou, le doyen émérite du Séminaire Saint-Vladimir à New York, le vice-recteur du séminaire théologique de Kostroma (Russie) et un professeur de la Faculté de théologie orthodoxe de l’Université de Balamand. Nous avons également reçu le métropolite Jacques de Mytilène qui a amené avec lui les reliques du saint martyr Raphaël qui ont pu être vénérées en notre église ; l’Archevêque Theodosios de Sevastia, jeune évêque arabophone du Patriarcat de Jérusalem ; l’Archevêque Makarios du Kenya (Patriarcat d’Alexandrie) et doyen du séminaire théologique de Nairobi ; l’Archevêque Théophane de Kraiova et d’Olténie ; l’archimandrite Elisée, higoumène du monastère de Simonos-Petra (Mont Athos) qui était accompagné du hiéromoine Macaire ; de l’archimandrite Irénée, prieur à la Laure des Grottes de Kiev (Ukraine) et tout récemment, de l’archimandrite Jonas, higoumène du monastère de la Sainte-Trinité à Kiev qui nous a parlé de la pastorale des jeunes. Parmi les personnalités des autres confessions chrétiennes, nous avons accueilli le frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé ; et le secrétaire de l’Alliance biblique française. Chacune de ces rencontres est l’occasion de tisser des liens d’amitiés avec de nouvelles institutions et de nouvelles personnes, ou encore d’intensifier les relations avec d’anciens étudiants ou amis de l’Institut.

Plusieurs voyages sont organisés pour les étudiants non seulement parce qu’ils forment la jeunesse mais aussi afin de maintenir les liens qui existent avec l’Eglise orthodoxe en France et dans le monde. Les étudiants se rendent chaque année au monastère de la Protection de la Mère de Dieu à Bussy-en-Othe. Il ont également visité le centre orthodoxe de Chambésy (Suisse), et par la même occasion, le siège du Conseil Œcuménique des Églises à Genève et l’Institut Œcuménique de Bossey. A l’invitation de Sa Sainteté le patriarche œcuménique Bartholomée, un pèlerinage a été organisé en juin 2006 à Constantinople. En plus de la visite du patriarcat et des principaux monuments de l’ancienne capitale byzantine tels les églises Sainte-Sophie, Sainte-Irène, des Blachernes, les étudiants se sont rendus à Nicée pour visiter les ruines de l’église Sainte-Sophie où s’est tenu le septième concile œcuménique. Pendant leur séjour, ils ont habité dans l’ancienne académie de théologie de Halki qui malheureusement demeure fermée à cause du gouvernement turc. Un tel voyage avait été organisé dans les années cinquante, lorsque l’évêque Cassien, les professeurs Antoine Kartachev et Léon Zander s’étaient rendus à Constantinople avec deux étudiants de l’Institut. Nous sommes heureux de renouer avec cette tradition. Plus récemment, un pèlerinage a été organisé à Amiens où nous avons eu la bénédiction de célébrer la divine liturgie devant les reliques de saint Jean-Baptiste.

Les Presses Saint-Serge

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Le feu sur la Terre
Recueil en l’honneur de 80 ans du père Boris Bobrinskoy

Les Presses Saint-Serge continuent leurs publications tant en français qu’en russe. Un recueil d’articles et des mélanges à la mémoire de feu l’archevêque Georges Wagner ainsi que les mélanges Boris Bobrinskoy constituent les trois premiers volumes de la collection Analecta Sergiana auxquels viendront s’ajouter de nouvelles publications. Nos Presses ont également publié pour la première fois en français les mémoires de notre fondateur, le métropolite Euloge, grâce au travail de traduction du père Pierre Chesnakov. Actuellement, une réédition du livre « Pour la vie du monde » du Père Alexandre Schmemann est sous presse de même qu’un ouvrage du père Nicolas Molinier sur les divines liturgies de saint Jean Chrysostome et saint Basile. Une souscription vient tout juste d’être lancée. En russe, les cours de Nouveau Testament de feu l’évêque Cassien ont vu le jour et vont bientôt être complétés par la publication de sa thèse doctorale inédite. D’autres projets sont actuellement en préparation.

Les finances

Il serait surprenant, voire même déconcertant, d’annoncer que les finances de l’Institut se portent plutôt bien, car nous savons tous que notre existence ici, sur cette colline de Saint-Serge, est un miracle permanent. Néanmoins, le bilan 2006 est équilibré ! Si tel est le cas, c’est en grande partie grâce à des legs qui nous ont permis de combler le déficit, et par ailleurs, grâce au soutient constant de l’AMEITO. Il est important de rappeler que l’AMEITO avait assuré en 2005 58% du budget de l’Institut. Malheureusement, l’AMEITO a vu son nombre d’adhérents baisser ces dernières années. Cependant, les dons qu’elle reçoit sont plus importants et elle peut poursuivre ainsi sa mission. Il serait toutefois souhaitable que de nouveaux membres se joignent à l’association afin d’assurer la relève.

Par ailleurs, il faut noter que les quêtes faites à l’occasion de Noël dans les paroisses de notre archevêché ne couvrent que 2% du budget de l’Institut. De même, la redevance annuelle des paroisses de l’archevêché pour l’Institut ne constitue que 2% de notre budget. Tout en vous remerciant pour votre soutien et votre fidélité, des dons plus importants seraient les bienvenus.

Si l’Institut arrive à fonctionner, c’est aussi grâce aux subventions du Ministère de l’enseignement supérieur qui couvrent 11% de son budget annuel. Bien évidemment, ce sont les frais de scolarité qui couvrent la majeure partie du budget, ceux-ci provenant essentiellement de bourses d’études offertes. Malheureusement, depuis cette année, les bourses en théologie du Ministère des Affaires étrangères ne sont plus accordées aux ressortissants européens et d’Amérique du Nord. Cela signifie que nous devons réfléchir à la création de nos propres bourses d’étudiants, et c’est pourquoi je voudrais faire un appel aux paroisses de notre archevêché, (je pense particulièrement aux plus riches d’entre elles, telles la cathédrale de la rue Daru [1], la cathédrale de Nice, la paroisse de l’ACER, la paroisse de Stockholm), à suivre l’exemple de la crypte de la rue Daru en créant des bourses d’étudiants qui pourraient parrainer un étudiant de leur région, ce qui favoriserait l’inscription à Saint-Serge d’étudiants de notre archevêché.

Réformes administratives et rénovations

Les réformes académiques déjà mises en place ne sont que la première étape d’une restructuration complète de l’Institut Saint-Serge qui doit lui permettre d’accomplir dans les circonstances du monde d’aujourd’hui la mission dont il a été investi. Une réflexion approfondie sur la gestion et l’administration de l’Institut va bientôt aboutir à la mise en place de nouvelles structures assurant à la fois la transparence, une stabilité financière et une plus grande efficacité pour recueillir des dons privés et des subventions publiques. Après consultation auprès du bureau des groupements et associations au Ministère de l’Intérieur, la création d’une fondation d’utilité publique, associant la Société Immobiliaire Serguievskoïe Podvorie, propriétaire des lieux, et l’ITO, est présentement à l’étude.

Par ailleurs, la vétusté et la superficie limitée des locaux actuels se font de plus en plus sentir. Des projets de rénovation et de réaménagement sont également à l’étude et ne pourront être entrepris, une fois toutes les autorisations reçues, que si l’Institut a le financement nécessaire. Nous vous tiendrons au courant dans les mois à venir de l’avancée de nos travaux.

Telle est la situation actuelle de l’Institut Saint-Serge et les perspectives d’avenir qui se dessinent. Nous vous remercions pour le soutien moral et financier que vous apportez à notre Institut et vous demandons instamment de continuer, comme par le passé, à soutenir sa mission de formation et d’éducation théologique, étant convaincus qu’elle demeure une œuvre importante et nécessaire non seulement pour notre archevêché mais aussi pour le monde d’aujourd’hui.

Le Doyen,
Archimandrite Job (Getcha)

[1] Le marguilier de la cathédrale a précisé à l’AGO que la cathédrale finançait personnellement une bourse d’étudiant

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