Message de Noël 2007 de Son Eminence Gabriel, Archevêque de Comane

Message de Noël de Son Éminence l'Archevêque Gabriel de Comane au clergé et aux fidèles de l'Archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale

Noël ! C’est en ce jour béni que les anges nous annoncent la Bonne Nouvelle : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, Paix sur la terre, bienveillance parmi les hommes ! ». Chacun d’entre nous est invité à recevoir ce message dans la joie. En effet, Dieu se manifeste dans le mystère de son Incarnation pour nous dire que nous sommes sauvés ! Le Seigneur Jésus, en prenant notre chair, veut nous signifier combien nous sommes aimés de Dieu quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons au moment d’accueillir cette parole.

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Icône de la Nativité du Christ
Icône peinte par Marie-Reine Hugot, responsable de l’Atelier Sainte Théodora

L’humanité entière reçoit ce signe qui nous est donné pour notre salut ! Mais quel est donc ce signe ? Un enfant déposé dans une crèche. Quoi de plus beau que l’enfant ! Quoi de plus fragile aussi ! Jésus a faim, Il a froid, Ses yeux ne sont pas encore habitués à la lumière, Lui qui est la Lumière ! Les conditions de cette naissance sont caractérisées par la pauvreté, l’insécurité, la faiblesse. C’est ainsi que notre Dieu veut nous dire qu’Il nous aime : Il s’abaisse jusqu’à nous en prenant notre condition d’homme, et nous savons où cela le mènera. Comme tous les bébés du monde, Il nous tend les bras et Il les étendra plus tard, largement, sur la croix, pour les resserrer sur tous les hommes de cette terre en les sauvant définitivement de la mort !

Chers frères et sœurs, nous qui voulons être chrétiens, c’est-à-dire disciples du Christ, nous devons être attentifs à la manière dont le Seigneur nous manifeste son Amour. Nous sommes invités à recevoir l’Amour et à donner de l’amour. A l’image de notre Dieu, nous devons faire cette expérience en restant humble et, pour ce faire, il nous faut puiser dans la grande humilité du Christ, ce trésor inépuisable qui est à notre disposition.

N’ayons pas peur de dire au Seigneur que nous l’aimons ! Nous nous sentons pauvres, pêcheurs, démunis, tant mieux ! Allons vers le Seigneur, tels que nous sommes ! Essayons d’être vrais, c’est cela l’apprentissage de l’humilité. Que nous soyons évêques ou prêtres, diacres ou laïcs, concélébrons dans l’humilité avec le Seigneur à chaque instant et louons Celui-là seul qui est Amour. N’ayons pas peur de notre pauvreté, quelle qu’elle soit ! « Un pauvre a crié, Dieu l’écoute... » (Ps. 33). Comme des petits enfants, crions notre joie, crions notre amour envers le Père, le Fils et l’Esprit Saint.

Quelquefois les chrétiens orthodoxes sont étonnés, voir inquiets d’être si peu nombreux dans leur pays : acceptons cette apparente limite comme le Christ Dieu a accepté d’épouser notre faible humanité. Ne tombons pas dans le gouffre de l’orgueil qui consisterait à croire qu’une Eglise est la meilleure quand elle est forte du nombre de ses fidèles ! Le Seigneur ne nous a jamais demandé d’être nombreux, mais d’aimer humblement Dieu et les hommes. Comme le Sauveur du monde, né dans une grotte et déposé dans une crèche, exerçons-nous à aimer en demeurant dans l’humilité, ainsi nous bénéficierons de la grâce de la kénose de Jésus qui aujourd’hui se manifeste dans le mystère de l’Incarnation divine. Aujourd’hui, je veux vous dire aussi ceci : n’ayons pas peur d’essayer d’aimer nos frères et soeurs qui nous entourent ! Entraînons-nous à l’amour. Nous ne savons pas aimer, apprenons ! Nous sommes des apprentis de l’amour sur cette terre. L’apprentissage n’est jamais facile, faisons le avec humilité et allons chercher du secours près de notre Maître. Dieu a eu compassion d’Adam. C’est ainsi que se caractérise son Amour pour le genre humain : il veut le libérer des ténèbres de la mort. Mais, pour ce faire, le Seigneur devient compatissant en s’humiliant. Il ne vient pas sur cette terre en pays conquis ! Il s’abaisse jusqu’à devenir petit enfant au milieu des petits, des pauvres, des pécheurs. Louons-Le pour ce mystère d’abaissement. Avec l’aide de la grâce, efforçons-nous de compatir à ceux qui nous entourent. Cela signifie que chacun, dans la mesure de ses forces, doit prendre sur soi la souffrance et l’angoisse du monde et les déposer aux pieds du Seigneur Jésus. J’ose vous le dire : cela sera reçu par le Christ comme l’or du roi mage : la miséricorde et la compassion valent plus que des lingots d’or aux yeux de Dieu !

Sachez-le, chers frères et sœurs, une Eglise qui œuvre avec compassion pour le monde entier est une Eglise qui vit et qui s’avance vers la joie de la Résurrection, entraînant avec elle toute l’humanité ! Elle ne fait que poursuivre l’œuvre de Dieu qui, voulant compatir pour toute sa création, s’incarne en s’humiliant : Il naît dans une grotte et mourra sur une croix ! Faisons en sorte que l’on ne dise jamais de nous : « Ils ont oublié la compassion... ».

En cette belle fête de la Nativité de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, je vous souhaite à tous de goûter la Joie et la Paix du Christ. Que tous ensemble nous nous réjouissions, en venant puiser dans le grand trésor de l’humilité et de la compassion du Seigneur Jésus. Je vous redis à tous tout mon amour. Que la grâce, l’amour et la bénédiction du Seigneur Jésus-Christ soient sur vous tous. Amen !

Paris, le 25 décembre 2007
Gabriel, Archevêque de Comane
Exarque du Patriarche Œcuménique

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