Message de Carême 2009 de l’Archevêque Gabriel

Chers frères et soeurs en Christ,

Nous allons entrer dans le carême pascal. Je voudrais partager avec vous quelques réflexions sur le sens de ces semaines de préparation à la lumineuse fête de Pâques, qui en est l’aboutissement.

Le carême est un temps à part, marqué liturgiquement par les textes du Triode, la liturgie des Présanctifiés, les services de la Passion ; il convient d’y préparer à l’avance le chœur, comme les cœurs des fidèles. Le carême est le temps de l’absence de l’époux (Mt 9,15), lorsque ses amis se mettent à jeûner. Il creuse un vide, et ravive notre humilité, par la récitation, par exemple, de la prière de saint Ephrem que l’on peut distribuer aux fidèles. Il est à la fois un temps de repentir, d’affliction, d’attente, et un temps de joie, de plénitude lorsque, l’attente une fois comblée, l’époux reviendra en gloire.

L’Eglise orthodoxe n’aime pas les prescriptions pointilleuses concernant la nourriture. Elle propose un idéal, conçu pour les moines : suppression de tout aliment d’origine animale. Essayons d’approcher de cet idéal au moins pendant la première semaine (la lecture quotidienne du canon de saint André nous sera d’une grande aide), et pendant la dernière, celle de la Passion. L’abstinence de nourriture est nécessaire, même si la privation de viande n’a pas le même sens aujourd’hui qu’autrefois. Elle est nécessaire dans un monde entraîné par la spirale de la consommation où les gens sont gagnés par l’obésité alors qu’ailleurs on crie famine. Il est bon d’organiser des « quêtes de carême », où chacun donne ce qu’il estime avoir économisé en achat de nourriture, le produit étant versé à des œuvres humanitaires.

L’abstinence c’est aussi la suppression, au moins la diminution, de la télévision, du tabac, de l’alcool, des revues frivoles, des divertissements où l’on « tue » le temps au lieu de la « racheter » (Eph 5,16). Accepter un manque dans la vie et apprendre à le combler par la prière, la lecture de l’Evangile, qu’il est bon de relire entièrement, aller visiter les malades, les isolés, assister aux offices qui, malgré une tristesse parfois, nous emplissent de douceur et mènent droit au mystère où se joue le destin du monde.

L’homme est souillé non par ce qui entre en lui mais par ce qui en sort : mauvaises pensées, débauches.. (Mc 7,21). Le carême implique un travail sur nous-mêmes, une maîtrise des pensées et des sentiments, une relation paisible avec notre entourage, le courage de surmonter nos peurs pour acquérir la paix intérieure. Ayons de la compassion envers ceux qui n’entrent pas dans l’esprit du carême, soutenons-les au sein de la communauté. Ravivons notre amour pour l’Eglise qui nous propose, humblement, de transformer notre vie et de goûter à plus de paix et de joie.

Si nous menons le combat contre les forces de ténèbres, Pâques sera l’accomplissement victorieux de nos efforts. Les forces de la Résurrection, à travers nous, rayonneront dans le monde. Dès le premier jour du carême, le dimanche du Pardon, les forces de la Résurrection peuvent faire irruption dans notre vie. Veuillez, tous mes frères et soeurs en Christ, me pardonner, et recevoir ma bénédiction paternelle dans l’amour du Christ.

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